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F. Schlegel

Schlegel : Essai sur la langue et la philosophie des Indiens

Trad. M. A. Mazure

dimanche 6 avril 2008

Préface du traducteur. Analyse du livre de Schlegel, divisée en quatre points. (avec des préjugés)

1) Langue des Indiens : Importance de l’étude des langues pour arriver à des résultats ethnographiques sur les affinités des peuples. Travaux sur cette matière, depuis le Mithridates d’Adelung. Erreurs des premiers linguistes ; ils poursuivaient la chimère d’une langue primitive, soit l’hébreu, soit le basque ou le breton. Grammairiens du XVIII siècle, Desbrosses, Court de Gibelin, Bauzée, Barris. Renouvellement de la science des langues au XIX siècle, langue indienne, hiéroglyphes . Le livre de Schlegel expose bien l’état de la science de son temps, avec le penchant à tout faire provenir de l’Inde. Deux points de vue pour établir l’affinité de certains idiomes entre eux : l’analogie des mots et celle des grammaires ; famille indo-germanique. Méthode de Linné appliquée à l’étude des langues. — Système de M. de Mérian ; il poursuit l’affinité de toutes les langues, sans s’inquiéter des grammaires. Schlegel s’est placé sous le point de vue de l’affinité des familles plutôt que sous celui de la parenté universelle des langues.

2) Philosophie des Indiens. Cette partie du livre de Schlegel a été l’objet qui a fait publier ce livre. Schlegel se trompe en distinguant le système de l’émanation d’avec celui du panthéisme. Autre erreur : il place l’idéalisme, au lieu du matérialisme, au berceau de la philosopbie ; la première époque a été matérialiste. Schlegel caractérise fort bien le matérialisme oriental et son influence sur l’air primitif. Il explique également le dualisme persan, mais il ne fait pas assez la part au dualisme absolu. Son chapitre sur le panthéisme est bien traité ; en général, il éveille les difficultés sans les résoudre ; la philosophie des Indiens a été explorée depuis lui.

3) Objet du 3e livre. Sous le titre d’idées historiques, il s’attache à montrer quelle influence les migrations indiennes ont pu avoir sur la population de diverses contrées de l’ancien monde, et comment ces migrations ont pu s’opérer. Ici il faut revenir à la linguistique ; objet à découvrir sur cette matière ; question égyptienne ; opinion de Malte-Brun sur la langue albanaise et sur les Pélasges. Elément celtique en Italie. Les Étrusques ; les langues basque , bretonne , idiomes de l’Ecosse et de l’Irlande ; travaux de M. Cardin. Il faut se garder du point de vue exclusif quia égaré les devanciers. Influence de la philosophie de l’Orient sur celle de ht Grèce, caractérisée par Schlegel ; ce que l’on peut recueillir de tes in » ductious.

4) Détails sur les divers morceaux de poésie traduits par Schlegel ; les indianistes sacrifient trop peu a la poésie. Travaux do W. Jones, Wilkins, Wilson, M. Langlois, M. Bopp, M. Wilhem Schlegel. Observations du traducteur sur son travail et sur les secours qu’il a rencontrés. Remorque sur l’orthographe des noms indiens. Un mot sur l’appendice.


LIVRE II. Philosophie.

Chapitre I. Observations préliminaires. Réfutation par l’histoire de l’opinion qui donne la barbarie pour état primitif de l’humanité. — L’objet de ce second livre est l’étude des doctrines religieuses de l’Inde. — Nombreuses différences entre les mythologies des diverses nations, — Impossibilité de les comparer entre elles ; aussi le 2e livre sera seulement une exposition synthétique de la pensée orientale. — Gradation des systèmes.

Chap. II. Système de la transmigration des âmes et de l’émanation. Cette doctrine est consignée dans le premier livre des lois de Manou, et mieux encore dans la Mimansa. — Différence essentielle entre le système d’émanation et le panthéisme, surtout quant au problème du bien et du mal. — Poésie du système d’émanation. — Dans toutes les fictions qui se rattachent à ce système, on retrouve une loi de dégradation constante « la connaissance du vrai Dieu en la personne de Brahma, ou l’esprit éternel, et le dogme de l’immortalité de l’âme, se mêlent aux superstitions de cette doctrine. — D’où il est impossible qu’elle soit un développement de l’esprit humain. — Pour l’expliquer, il faut lai considérer comme une révélation altérée ; ainsi compris, le système de l’émanation est le passage de la conception de l’être parfait à celle de l’être imparfait, — Déification des grands hommes. — Doctrine du retour. — Etroite affinité entre le système et la transmigration des âmes. — Métempsycose chez les pythagoriciens et divers peuples de l’antiquité.

Chap. III. De l’astrologie et du culte sauvage de la nature. Le fatalisme renfermé dans le système d’émanation se développe dans un nouveau système. — Caractère de l’astrologie orientale qui dégénère en matérialisme. — Le culte de la nature occupe le 2e rang parmi les systèmes orientaux. — Comment ce culte a succédé au système de l’émanation. — Pourquoi l’adoration de la nature matérielle est si effrayante dans l’Orient. — Dogme du culte de la nature. — Mitigé par les mœurs de la nation, il est l’esprit extérieur de la religion des Grecs et par suite des Romains. — Poésie du matérialisme oriental.

Chat. IV. La doctrine de deux principes. Opposition de ce système aux deux précédents ; ses rapports avec l’idéalisme européen. — Les difficultés élevées contre ce système peuvent s’expliquer en admettant la réconciliation future des deux principes.—Supériorité de cette doctrine sur les autres systèmes orientaux ; elle tient à l’action même de la vie.—Les éléments de la nature et les héros sont les objets du culte dans ce système qui fournit à la mythologie indienne sa plus belle partie s incarnation du dieu Rama. — Moralité de la doctrine des deux principes , son influence sur les mythologies de l’antiquité ; elle n’est pas seulement poétique, mais encore très philosophique. — Hypothèses sur les différents systèmes qui peuvent s’y rattacher.—Cause des erreurs et des superstitions qui en sont sorties.

Chap. V. Le panthéisme. Ce système est le dernier des systèmes orientaux, il est la transition de la philosophie orientale à celle de l’Europe. — Caractère terrible du panthéisme pris au sérieux ; son effet sur les imaginations fortes et les organisations plus faibles.—Système numéral de la Chine expliqué dans le livre antique de l’Y-King. — Création de toutes choses par la combinaison du parfait et de l’imparfait ; tout provient de l’unité par la dyade et la triade. — Le panthéisme doit être aussi nne combinaison de l’être et du néant. — On peut donc le considérer comme une dégénération du dualisme. — Hypothèses sur les différentes philosophies de l’Inde, telles que la Sankhya, la Mimansa et la Nyaya. — Doctrine Védanta. — Partage de la littérature indienne en quatre époques générales : la première produit les Védas et le code de Manou ; la seconde, le Ramayan et le Mahabarat ; la troisième, les Pouranas ; la quatrième, les œuvres de Kalidas. — Résumé du deuxième livre. —Dégénération des systèmes depuis l’émanation jusqu’au panthéisme, qui occupe le degré le plus bas.