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T A O — T E I — K I N G

Wieger : T A O — T E I — K I N G (Livre I, Chapitre 1)

Léon Wieger

mardi 7 octobre 2008, par Murilo Cardoso de Castro

L I V R E I

Chapitre 1. Texte.

A. Le principe qui peut être énoncé, n’est pas celui qui fut toujours. L’être qui peut être nommé, n’est pas celui qui fut de tout temps. Avant les temps, fut un être ineffable, innommable.

B. Alors qu’il était encore innommable, il conçut le ciel et la terre. Après qu’il fut ainsi devenu nommable, il donna naissance à tous les êtres.

C. Ces deux actes n’en sont qu’un, sous deux dénominations différentes. L’acte générateur unique, c’est le mystère de l’origine. Mystère des mystères. Porte par laquelle ont débouché sur la scène de l’univers, toutes les merveilles qui le remplissent.

D. La connaissance que l’homme a du principe universel, dépend de l’état de son esprit. L’esprit habituellement libre de passions, connaît sa mystérieuse essence. L’esprit habituellement passionné, ne connaîtra que ses effets.

Résumé des commentaires.

Avant les temps, et de tout temps, fut un être existant de lui même, éternel, infini, complet, omniprésent. Impossible de le nommer, d’en parler, parce que les termes humains ne s’appliquent qu’aux êtres sensibles. Or l’être primordial fut primitivement, et est encore essentiellement non sensible. En dehors de cet être, avant l’origine, il n’y eut rien. On l’appelle ou néant de forme, huan mystère, ou tao principe. On appelle sien tien, avant le ciel, l’époque où il n’y avait encore aucun être sensible, où l’essence du principe existait seule. Cette essence possédait deux propriétés immanentes, le yinn concentration et le yang expansion, lesquelles furent extériorisées un jour, sous les formes sensibles ciel (yang) et terre (yinn). Ce jour fut le commencement du temps. De ce jour le principe put être nommé par le terme double ciel terre. Le binôme ciel terre émit tous les êtres sensibles existants. On appelle You être sensible, ce binôme ciel-terre produisant par tei la vertu du principe, et tous ses produits qui remplissent le morde. On appelle heou t’ien après le ciel, les temps postérieurs à l’extériorisation du ciel terre. L’état yinn de concentration et de repos, d’imperceptibilité, qui fut celui du principe avant le temps, est son état propre. L’état yang d’expansion et d’action, de manifestation dans les êtres sensibles, est son état dans le temps, en quelque sorte impropre. A ces deux états du principe, répondent, dans la faculté de connaître de l’homme, le repos et l’activité, autrement dit le vide et le plein. Quand l’esprit humain produit des idées, est plein d’images, s’émeut de passions, alors il n’est apte à connaître que les effets du principe, les êtres sensibles distincts. Quand l’esprit humain, absolument arrêté, est complètement vide et calme, il est un miroir pur et net, capable de mirer l’essence ineffable et innommable du Principe lui même. — Comparez Chapitre 32.

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