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Origène

Daniélou : Le culte chrétien.

Jean Daniélou

jeudi 13 novembre 2008

honnêteté
honestidade
honesty
honneur
honra
honradez
honor
honour
retitude
retidão

Extrait d’Origène, par Jean Daniélou. La Table Ronde, 1948.

honnêteté
honestidade
honesty
honneur
honra
honradez
honor
honour
retitude
retidão

Origène n’était pas spécialement orienté vers les fonctions liturgiques. D’une part, son fils
filho
hijo
son
ministère propre est celui de la parole Wort
mot
palavra
palabra
word
Worte
rema
parole
mot
mots
. Par ailleurs, son esprit esprit
espírito
spirit
mente
mind
manas
mental
le portait à ne voir dans les signes sensibles que les ombres des réalités spirituelles et à ne pas s’y attacher. Il n’en est que plus précieux de relever les textes où il nous décrit les usages de l’Eglise de son temps et où il nous en explique la signification. Nous pouvons partir, pour cette étude, d’un texte des Homélies sur les Nombres Zahl
nombre
número
number
nombres
números
numbers
où Origène fait allusion à quelques coutumes chrétiennes : « Il y a certaines choses dans les observances de l’Eglise que tous doivent faire et dont, cependant, tous ne voient pas la raison dianoia
la raison
raison discursive
reason
razão
razón
 : par exemple, le fait que nous nous agenouillons pour prier euche
prier
oraison
prière
orar
oração
prece
pray
prayer
oración
et que, entre toutes les régions du ciel ciel
cieux
céu
céus
heaven
heavens
cielo
cielos
ouranos
Khien
Thien
, c’est vers l’Orient seul que nous nous tournons pour répandre nos oraisons. De même, qui peut expliquer facilement la raison de recevoir l’eucharistie ou de l’explication du rite selon lequel elle s’effectue, ou des paroles, des gestes, des ordres, des interrogations, des réponses qui ont lieu Ort
lieu
lugar
location
locus
place
au baptême baptême
batismo
baptism
 » (Hom. Num., V, I).

Origène revient sur l’orientation Ausrichtung 
orientation
orientación
direccionalidad
Orientierung
de la prière dans le De oratione : « Il faut dire aussi quelques mots de la partie du monde Welt
Weltlichkeit
monde
mondanéité
mundo
mundidade
mundanidade
worldliness
mundanidad
Olam hazé
vers laquelle nous nous tournons pour prier. Qui ne conviendra immédiatement d’indiquer la direction direction
direção
dirección
directions
direções
direcciones
de l’Orient (anatole), comme celle vers laquelle il faut nous tourner symboliquement pour faire nos oraisons, l’âme âme
psyche
psukhê
alma
soul
atman
ātman
fixant les yeux vers l’orient de la véritable lumière Licht
lumière
luz
light
phos
. Si quelqu’un, les portes de sa maison étant ouvertes d’un autre côté, préfère présenter son hommage du côté où sa maison s’ouvre, disant que la vue Sicht
vue
visão
seeing
visión
opsis
du ciel a quelque chose qui recueille davantage l’âme que la vue du mur, si les ouvertures de la maison ne sont pas tournées vers l’Orient, il faut lui dire que c’est par l’institution des hommes Mensch
homme
être humain
ser humano
human being
homem
hombre
the man
anthropos
hommes
humanité
humanity
état humain
estado humano
human state
que c’est vers telle ou telle partie du monde que sa maison s’ouvre, tandis que c’est par nature nature
physis
phusis
phúsis
natura
natureza
naturaleza
que l’Orient l’emporte sur les autres parties du monde. Or ce qui est de loi naturelle doit l’emporter sur ce qui est de loi positive » (De or., XXXII).

J’ai parlé ailleurs de l’importance dans le christianisme primitif de la prière vers l’Orient (La symbolique des rites baptismaux, Dieu Gott
Dieu
Deus
God
Dios
theos
vivant, I, 20). Nous la trouvons attestée vers le temps Zeit
le temps
o tempo
the time
el tiempo
chronos
kala
d’Origène par Tertullien : « La figure du Saint sainteté
santidade
sainthood
saint
santo
Heiligkeit
holiness
santidad
-Esprit aime l’Orient, figure du Christ » (Adit. Valent., 3), par Clément d’Alexandrie Alexandrie
Alexandria
L’École d’Alexandrie désigne le mouvement platonicien qui a fleuri à Alexandrie entre le IVe et le VIIe siècles apr. J.-C., dont l’initiateur avait été Ammonius Saccas, le maître de Plotin. (d’après Y. Lafrance)
(Strom., VII, 7, 43), par Justin un peu plus tôt (Dial. CXXI, 2). Origène y revient ailleurs (Hom. Lcv., IX, 10). Mais le texte que nous avons cité a l’intérêt de nous montrer que cette tradition diadosis
tradition
tradição
tradición
ne concerne pas seulement la prière publique, mais aussi la prière privée, et de nous introduire ainsi dans ce domaine de la vie Leben
vie
vida
life
zoe
religieuse privée des premiers chrétiens, sur laquelle nous sommes si peu renseignés. Par ailleurs, si cet usage a disparu dans la pratique praktike
prática
práticas
pratique
pratiques
privée, il est à l’origine Anfang
origine
começo
início
comienzo
origem
arche
Anfängnis
começar
iniciar
et il nous donne le vrai sens de l’usage toujours subsistant de fixer dans les maisons par un crucifix la direction de la prière, comme le montre un article important et qui concerne précisément, non le baptême ou l’assemblée chrétienne, mais la prière privée dans les maisons. C’est celui d’Erik Peterson : La croce e la preghiera verso l’oriente (Efhem. liturgicae, Rome, LIX, 1945, p. 52 sqq.).

Peterson cite un texte des Actes d’Hipparque et de Philothée : (Assemani, Act action
praxis
agir
atuar
ação
act
acción
prattein
. Mart., II, p. 125 ; Rome, 1748) : « Il y avait dans la maison d’Hipparque une pièce arrangée avec soin. Il avait peint une croix croix
cruz
cross
sur le mur oriental de celle-ci. Là, devant l’image image
imagem
imagen
imaginação
imagination
kalpanā
du Christ, la figure tournée vers l’Orient, il priait sept sept
sete
seven
siete
fois par jours. » On voit l’intérêt de ce texte, rapproché de celui d’Origène. A l’usage de se tourner pour prier vers le soleil levant, s’est substitué celui de se tourner vers le mur du côté de l’Orient. C’est ce que nous trouvons chez Origène. Pour marquer la direction, on a peint sur ce mur une croix. Nous avons là l’origine de la présence Anwesenheit
présence
parousia
presença
presence
parusía
du crucifix sur la paroi des chambres des chrétiens. Nous savons d’ailleurs que l’usage de marquer la direction de la prière, vers Jérusalem, existait dans les synagogues juives. Dans le monde oriental, cette direction de la prière est une question Frage
fragen
question
questão
questionner
questionar
pergunta
perguntar
pregunta
preguntar
capitale. Nous nous rappellerons que les musulmans prient tournés vers La Mecque, et que Al Hallaj, le martyr musulman, dut en partie sa condamnation au refus d’observer cet usage.

Quant à la signification symbolique de cette prière vers l’Orient, Origène nous indique que c’est à cause causa
cause
aitia
aitía
aition
du Christ, soleil du nouvel univers Univers
Universo
Universe
, qui est l’Eglise. Peterson propose un autre symbolisme symbolon
symbolisme
symboles
symbole
simbolismo
símbolo
símbolos
symbol
symbolism
symbols
, qui rattache l’adoration dévotion
devoção
devotion
devoción
adoration
adoração
adoración
bhakti
de la croix à l’orientation de la prière. Il s’agit dans le christianisme primitif d’une croyance croyance
croire
crença
crer
belief
believe
eschatologique, l’attente du retour du Christ, qui ascendit ad orientent (Ps. 67, 34) et dont l’ange anjo
anjos
ange
anges
angel
angeles
arcanjo
arcanjos
archange
archanges
deva
devas
de l’ascension ascensão
ascension
anabasis
a dit « qu’il viendrait de la même manière que vous l’avez vu monter au ciel » (Ad., I, 11). Or, le Christ devait apparaître précédé d’une croix lumineuse. C’est cette croix lumineuse qu’Hipparque avait peinte sur le mur oriental de sa cellule. La mystique mysticisme
misticismo
mysticism
μυστικός
mystikos
místico
místicos
mystic
mystique
et l’ascèse ascèse
askesis
askêsis
ascese
ascesis
ascetismo
ascetism
chrétienne l’ont transformée en croix de la passion Leidenschaft
passion
paixão
pathos
passión
rāga
rajas
.

La seconde tradition dont le sens était aussi souvent ignore du temps d’Origène, est celle de la prière à genoux. Or ici encore le De oratione nous apporte des lumières complémentaires sur le sens de cette attitude. L’attitude normale est, en effet, de se tenir debout. Origène la décrit ainsi : t Comme les attitudes du corps Körper
corpo
corps
cuerpo
body
Deha
sont innombrables, c’est celle où nous étendons les mains et où nous levons les yeux au ciel qui doit être sûrement préférée à toutes les autres, pour exprimer dans le corps l’image des dispositions de l’âme dans l’oraison. Mais il faut pour ainsi dire étendre l’âme avant les mains, élever l’esprit vers Dieu avant les yeux ; et avant de se lever, dégager l’esprit (to mnemonikon) de la terre Terre
Terra
Earth
Tierra
Gea
Khouen
et se tenir devant le Dieu de l’univers ; enfin, déposer tout ressentiment des offenses qu’on croit avoir posséder
avoir
possuir
ter
possess
posuir
reçues, si l’on veut que Dieu pardonne aussi ce que l’on a fait de mal Übel
Böse
mal
evil
maligno
malefic
the bad
kakos
 » (De Or., XXXI). Ce texte est intéressant à rapprocher de l’attitude des « orantes » dans les peintures des Catacombes ; et aussi par le symbolisme qu’il exprime.

Mais si cette attitude est l’attitude normale, Origène avec un grand bon sens, rappelle que les circonstances peuvent obliger à prier autrement : « Nous disons qu’il faut observer cela, quand il n’y a pas d’obstacles. Mais les circonstances peuvent amener parfois à prier assis, par exemple quand on a mal aux pieds, ou même couché, à cause de la fièvre. Pour la même raison, si, par exemple, nous sommes en bateau ou que nos affaires ne nous permettent pas de nous retirer pour nous acquitter du devoir de notre prière, il faut prier sans prendre aucune attitude extérieure. Quant à la prière à genoux (gonyklisia), il faut savoir Wissen
saber
knowledge
savoir
qu’elle est nécessaire lorsque quelqu’un est au moment de s’accuser devant Dieu de ses propres péchés, en le suppliant de le guérir et de les lui remettre. Elle est le symbole de ce prosternement et de cette subjection dont parle Paul lorsqu’il écrit : « C’est pourquoi je fléchis le genou devant le Père de « qui vient toute paternité dans le ciel et sur la terre. » C’est cet agenouillement spirituel (noete), ainsi appelé parce que toutes créatures adorent Dieu au nom de Jésus et se soumettent humblement à Dieu, que l’apôtre me paraît désigner quand il dit : « Qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers. » En effet, ceci ne peut être pris au sens littéral. »

Ce passage est important pour l’antiquité de l’usage chrétien de la gonyklisia. On peut le rapprocher de ce que nous dit Tertullien dans le De oratione, où il consacre un chapitre à la question. Il rappelle d’abord que l’on s’abstient de la génuflexion seulement, die Tod
mort
morte
muerte
death
thanatos
mourir
morrer
die
morir
dominico Resurrectionis, c’est-à-dire le dimanche, et spatio Pentecostes, c’est-à-dire dans le temps pascal. Puis il continue : « Pour le reste, qui hésiterait à se prosterner devant Dieu, du moins pour la première prière, par laquelle nous entrons dans la journée. Enfin, les jours de jeûne et de station, toutes les prières se font à genoux » (De or., 23 ; P. L., III, 1191). Nous retrouvons ici les deux dualité
dyade
duality
dualidad
dualidade
dois
two
deux
aspects distingués par Origène, l’aspect forme
eidos
eîdos
aspecto
perfil
aspect
de pénitence pénitence
metánoia
metaméleia
penitência
et celui d’adoration. Il est très possible qu’ici le De oratione d’Origène dépende de celui de Tertullien. Celui-ci avait publié une édition grecque de certaines de ses œuvres (Vagaggini, Maria nette opère di Origene, Roma, 1942, p. 89). Ou bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
, il peut s’agir d’une catéchèse traditionnelle sur la prière dont chaque point était fixé.

Ce qui le donnerait à croire, c’est que dans les deux auteurs il est ensuite question du lieu de la prière.. Ici encore Origène a des indications précieuses : « Au sujet sujet
objet
sujeito
objeto
subject
object
Subjekt
Objekt
du lieu, il faut savoir que tout lieu est rendu propre à la prière par celui qui prie bien. Toutefois, on peut, pour s’acquitter de ses prières avec plus de tranquillité et moins de distraction (hyper tou ex hesychias me perispomenon) choisir dans sa propre maison, si la chose est possible, un endroit déterminé, le lieu consacré, pour ainsi dire, afin d’y prier... Il y a une grâce particulière (epicsari) et une utilité dans le lieu de la prière, je veux dire le-lieu de l’assemblée des fidèles : il est sûr, en effet, que les puissances angéliques assistent aux réunions des croyants et que la vertu arete
excellence
vertu
vertue
virtude
virtue
virtud
(dynamis acte
puissance
energeia
dynamis
) de notre Sauveur et Seigneur y est présente, ainsi que les esprits des saints (pneumata hagimo), à ce que je pense, ceux des morts qui nous ont précédés et évidemment aussi ceux des saints qui sont en vie, bien qu’il soit difficile de dire comment » (XXXI, 4).

Nous avons ici encore bien des traits intéressants. Nous y trouvons l’attestation de l’existence Existenz
existence
exister
existentia
existência
existencia
bios
d’oratoires dans les maisons privées. Ceci rejoint ce que nous disions tout à l’heure de la croix peinte sur le mur. Si l’on peut prier partout, il reste que le lieu où l’on prie est saint, et Origène se pose la question de savoir si l’on peut prier dans la chambre conjugale. Mais plus intéressante est l’idée idea
idée
ideia
idea
ιδεα
idéa
de la présence invisible du Christ, des anges et des saints à l’assemblée des fidèles. Origène la précise remarquablement en ce qui concerne les anges : « Au sujet des anges, voici ce qu’il faut dire. Si « l’ange du Seigneur circule autour de ceux qui le craignent « et les délivre », il est vraisemblable, lorsque beaucoup sont rassemblés légitimement pour la gloire Alléluia
Alleluia
Hallelujah
haleluya
ἀλληλούϊα
αλληλούια
Aleluia
louvor
louange
praise
glória
gloire
glory
du Christ, que l’ange de chacun circule autour de chacun de ceux qui craignent Dieu et qu’il est avec l’homme qu’il a la charge de garder et de diriger, de sorte que, quand les saints sont réunis, il y a deux Églises, celle des hommes et celle des anges. » Nous aurons à revenir sur la théologie teologia
théologie
teología
theology
θεολογία
des anges. Mais ce point était important à noter pour l’intelligence intelligence
inteligência
inteligencia
du « mystère mystère
mysterion
mystères
mistério
mistérios
mystery
mysteries
 » liturgique.

D’ailleurs l’idée revient en d’autres passages d’Origène, à propos de tels aspects du culte. Les anges sont présents au baptême : « Dès que quelqu’un a cru à Jésus-Christ, la Loi évangélique est inscrite dans son cœur coeur
kardia
cœur
coração
coración
heart
et ceci en présence des fils d’Israël. Et, en effet, quand le sacrement sacrement
sacramento
sacrements
sacramentos
puja
pūjā
pûjâ
de la foi
foi
faith
pistis
t’a été donné, les vertus célestes, les hiérarchies des anges, l’Eglise des premiers-nés étaient présents. Si, en effet, nous comprenons bien qu’Israël veut dire voir Dieu par l’esprit, cela est dit plus proprement encore des anges qui nous servent, selon la parole du Seigneur disant des enfants — et toi aussi tu as été enfant dans le baptême — que leurs anges voient toujours la face du Père. Tels sont les fils d’Israël qui étaient présents et contemplaient la face de Dieu lorsque les sacrements de la foi t’étaient donnés » (Hom. Jos., IX, 4 ; Baehrens 350). Didyme l’aveugle, disciple d’Origène, dira que le baptême consiste à être plongé dans le Saint-Esprit Esprit-Saint
Saint-Esprit
Espírito Santo
Holy Ghost
Holy Spirit
Le Saint-Esprit représente, comme la Vierge, le mystère du divin Amour. [Frithjof Schuon]
avec l’assistance des anges.

Origène, par ailleurs, n’oublie pas que, lorsqu’il parle à l’assemblée chrétienne, il a devant lui non seulement les fidèles, mais leurs anges : « Je n’hésite pas à le dire, dans notre assemblée aussi les anges sont présents, non seulement qu’ils soient de façon générale présents à toute église, mais individuellement, ceux dont le Seigneur a dit : Leurs anges voient toujours la face de mon père qui est dans les cieux. Il y a donc ici une double Église, celle des hommes et celle des anges. Si nous disons quelque chose qui est conforme au verbe et à l’intention des Ecritures, les anges se réjouissent et prient avec nous. Et parce que les anges sont présents dans l’Eglise, dans celle du moins qui mérite d’appartenir au Christ, il est prescrit par saint Paul aux femmes qui viennent prier d’avoir la tête voilée, à cause des anges. Quels anges ? Evidemment ceux qui assistent les saints et se réjouissent dans l’Eglise, que nous ne voyons pas parce que nos yeux sont obscurcis par les souillures du péché péché
pecado
sin
hamartia
ἁμαρτία
égaremente
equívoco
, mais que voient les disciples de Jésus, ceux à qui il dit : Amen Amen
Amém
Āmēn
Āmyn
, amen, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et. descendre sur le Fils de l’homme » (Hom. Luc, XXIII ; ix, 157).

Plus encore que les anges, le Seigneur des anges est présent par sa dynamis au milieu des fidèles réunis en son nom : « Et maintenant, si vous le voulez, dans cette assemblée et cette église vos yeux peuvent regarder le Sauveur. Lorsque, en effet, tu diriges la fine pointe de ton cœur (aciem principalem cordis) vers la contemplation contemplation
theoria
theoría
contemplação
contemplación
de la Sagesse sophia
sagesse
sabedoria
wisdom
sabedoría
σοφία
Sage
Sábio
, de la Vérité aletheia
alêtheia
veritas
vérité
truth
verdad
verdade
Wahrheit
et du Fils Unique de Dieu, tes yeux regardent Jésus. Bienheureuse communauté dont l’Ecriture atteste que les yeux de tous étaient fixés sur Lui. Combien je voudrais que cette assemblée mérite le même témoignage et que les yeux de tous, catéchumènes et fidèles, hommes et femmes, enfants, non par les yeux du corps, mais par ceux de l’âme, regardent Jésus. Car, lorsque vous le regardez, par sa lumière et sa contemplation, vos visages deviennent plus lumineux et vous pouvez dire : Signatum est super nos lumen vultus tut, Domine » (Ho. Luc, XXXII. Voir aussi Hom. Is., V, 2). Harnack observe que ce passage contient aussi une indication intéressante sur la présence des enfants à l’assemblée chrétienne.

Une autre question est celle des temps de la prière. Il y a d’abord le cycle quotidien. Origène en parle dans le De oratione : « Nous dirons que toute la vie d’un saint doit être une unique grande prière continue, de laquelle prière celle qui porte porte
porta
puerta
gate
door
habituellement ce nom n’est qu’une partie, dont il ne faut pas s’acquitter moins de trois trinité
trois
triade
ternaire
trindade
três
tríade
ternário
trinity
three
triad
Trimûrti
Trimurti
fois par jour. » (XII,2). Origène justifie ces trois temps de la prière par les textes ordinaires, puis il continue : « Nous ne passerons pas le temps de la nuit tenèbre
ténèbres
nuit
trevas
escuridão
darkness
noite
night
noche
convenablement sans cette prière, suivant le mot de David : Media nocte surgebam ad confitendum tibi » (voir aussi Comment. Ser. M th., 60). Ces indications sont à rapprocher de celles que nous donne la Tradition Apostolique (35 ; Botte, p. 69). La distinction de l’oraison virtuelle et de l’oraison actuelle est à noter.

Nous retrouvons un point de vue analogue à propos de l’année liturgique. Ici, Origène est un témoin spéctateur
espectador
spectator
témoin
testemunha
witness
précieux dans l’histoire Geschichte
histoire
história
geschichtlich
historial
Geschichtlichkeit
historicité
historialité
Geschehen
aventure
provenir
geshehen
avoir lieu
se produire
advenir
advir
karman
de sa formation et aussi de son interprétation. Il s’agit d’un passage du Contra Celsum où il défend les chrétiens contre l’accusation d’impiété que Celse portait contre eux parce qu’ils ne participaient pas aux cultes de la cité. Pourquoi, disait Celse, n’avez-vous ni autels, ni statues, ni temples ? Qu’est-ce qui empêche que vous assistiez aux fêtes publiques ? L’accusation de Celse est double. Elle porte d’abord sur le fait que les chrétiens ne participent pas au culte des idoles. C’était, en effet, un des principaux reproches qui leur était fait. Mais, de façon plus générale, elle porte sur le fait que les chrétiens n’ont ni bomoi, ni agalmata, ni neon. C’est bien d’ailleurs ainsi que l’entend Origène dans sa réponse. Et c’est là une indication précieuse sur l’état du culte chrétien d’alors.

Origène répond, en effet : « Il ne voit pas que chez nous l’âme de chaque juste est un autel sur lequel sont offerts en esprit (noetos) et en vérité, des offrandes d’agréable odeur, je veux dire les prières présentées par une bonne conscience Gewissen
conscience
consciência
conciencia
consciencia
Bewusstsein
Bewußtsein
consciencidade
consciousness
conscient
purusârtha
. C’est pourquoi il est dit dans l’Apocalypse révélation
revelatio
apocalypse
apocalypsis
ἀποκάλυψις
Shruti
 : L’encens est la prière des saints. Les statues et les offrandes qui conviennent à Dieu ne sont pas fabriquées par des artisans, mais creusées et modelées en nous par le Logos logos
λόγος
lógos
divin divin
divinité
divino
divindade
divindad
divine
divinity
Godhead
 : ce sont les vertus, imitations du Premier-né de toute créature Einzelnhet
singularité
singularidade
singularity
singularidad
individuality
individualidade
individualidad
individuation
individuação
individu
indivíduo
individuum
individual
vereinzelt
isolé
Vereinzeltung
isolement
Vereinzelung
esseulement
singularização
créature
criatura
creature
personne
pessoa
person
, dans lequel sont les exemplaires de la justice dike
dikaiosyne
justice
justiça
justicia
imparcialidade
justo
imparcial
compliance
Δίκη
, de la prudence phronesis
prudence
prudência
sabedoria prática
circunvisão
φρόνησις
, de la force, de la sagesse .et des autres vertus... Ceux qui ont dépouillé le vieil homme et revêtu le nouveau qui se renouvelle dans la gnose connaissance
gnosis
intuition intellectuelle
gnôsis
connaître
conhecer
gnose
knowledge
know
conocer
conocimiento
conhecimento
à l’image (eikon eikon
eikón
ícone
icon
ícones
icons
) de son créateur, réussissant à être à l’image du Créateur, fabriquent en eux des statues telles que les veut le Dieu qui règne sur tout. Il y a ainsi en chaque juste, qui imite autant qu’il le peut le Sauveur, une statue à l’image de Dieu, qu’il réalise en contemplant Dieu avec un cœur pur, en devenant imitateur de Dieu. Et, en un mot, tous les chrétiens s’efforcent de construire (idrusthai) ces autels et ces statues, non inanimés et insensibles, mais capables de recevoir l’Esprit de Dieu. Que celui qui veut compare ces autels que nous disons aux autels dont parle Celse et les statues élevées dans l’âme des pieux au Dieu de l’univers aux statues de Phidias et de Polyclète, il verra que celles-ci sont corruptibles et périront avec le temps, mais que celles-là demeurent dans une âme immortelle » (VIII, 17-18) 1.

Ce premier texte est déjà très intéressant. Nous y rencontrons l’opposition Gegenstand
Gegen-stand
obiectum
opostos
oposicionalidade
opposition
opposites
du culte extérieur innen
intérieur
interior
inner
außen
aussen
extérieur
exterior
outer
Innenseins
être intérieur
ser interior
interiority
antaratva
et du culte en esprit et en vérité. C’est une question capitale dans l’histoire du culte chrétien. Le Christ avait aboli le culte juif figuratif, en apportant la réalité Bestand
Grundbestand
Realität 
réalité
realité fondamentale
réalité subsistante
real
réel
realidad
realidade
qu’il figurait. Dès lors que le Temple véritable, qui est le Christ total, est là, le Temple de pierre n’a plus de raison d’être. C’est ce qu’Origène explique : « S’il faut comparer les temples aux temples pour prouver aux partisans de Celse que nous ne répugnons aucunement à élever des temples qui conviennent aux statues et aux autels dont nous avons parlé, mais que nous refusons seulement d’édifier des temples morts et inanimés à celui qui est l’auteur de toute vie, que celui qui le veut apprenne de quelle manière nous avons reçu l’enseignement que nos corps sont les temples de Dieu. Et si quelqu’un, par l’impureté et le péché détruit le temple de Dieu, celui-ci sera détruit comme réellement impie envers le vrai Temple. A tous les temples ainsi nommés, il y a un temple supérieur et transcendant, le corps saint et pur de notre Sauveur Jésus-Christ » (VIII, 19).

Nous rencontrons ici une idée capitale pour la théologie de la présence de Dieu : c’est que la présence qui était attachée dans l’Ancien Testament au temple matériel matière
matéria
matter
hyle
material
matériel
materialidade
matérialité
materiality
materialidad
de Jérusalem demeure à partir de l’Incarnation incarnation
sárkosis
encarnação
encarnación
(Virtus Altissimi obumbrabit tibi) dans l’humanité de Jésus et des membres de Jésus. La présence de Dieu est attachée à la communauté chrétienne, non à l’Eglise de pierre ; c’est la communauté qui prend la succession du Temple. Nous remarquerons, par ailleurs, que cette spiritualisation du culte, Origène se sert, pour l’exprimer, du vocabulaire plotinien. Il ne parle pas du culte pneumatikon, mais noeton intelligible
intelligibles
noeton
kosmos noetos
inteligível
inteligíveis
inteligible
inteligibles
. Surtout l’image de la statue que l’on doit former dans l’âme est éminemment plotinienne : « Si tu ne vois pas la beauté beleza
belo
beauté
beau
beauty
belleza
en toi, fais comme le sculpteur d’une statue qui doit devenir belle, il enlève une partie, il gratte, il polit. Comme lui, ne cesse pas de sculpter ta propre statue, jusqu’à ce que l’éclat divin se manifeste, jusqu’à ce que tu voies la tempérance sophrosyne
modération
moderação
moderation
moderación
temperantia
tempérance
temperança
comesuração
patientia
patience
paciência
siégeant sur son siège sacré. » (Enn., I, 6, 9). Nous touchons ici la transcription hellénistique de la pensée denken
pensar
penser
think
pensamento
pensée
pensamiento
thinking
biblique si caractéristique d’Origène — et qui n’est pas déviation, mais réfraction.

Toutefois, cette spiritualisation du culte ne pose-t-elle pas un problème ? Ne risque-t-elle pas d’évacuer l’aspect visible du culte chrétien ? Origène aborde la question et, précisément, à propos du sujet qui nous intéresse, celui de l’année liturgique et des fêtes. Il commence par affirmer — c’est l’idée chrétienne antique — que la vie du chrétien est une prière et une fête perpétuelle. « Celui-là célèbre vraiment la fête qui fait ce qu’il doit, qui prie sans cesse, offrant continuellement des victimes non sanglantes dans ses prières à Dieu » (VIII, 21). Et il cite saint Paul : « Vous observez les jours, les mois, les temps et les années. Je crains que ce ne soit en vain que j’aie travaillé chez vous » (Gai, IV, 11). « Mais, continue Origène, si quelqu’un objecte ce qui concerne chez nous les dimanches, les parascèves, Pâques ou ce qui a lieu durant les jours de la Pentecôte ? » Ce texte est très précieux d’abord parce qu’il nous apprend quels étaient au temps d’Origène, les éléments du cycle liturgique. Ils se ramènent à quatre quatre
quaternité
quaternidade
cuatro
cuaternidad
four
quaternity
fourfoldness
 : les dimanches, les vendredis, Pâques, c’est-à-dire le Vendredi-Saint, et la Sainte Cinquantaine. Nous voyons ici que dans la primitive Eglise, il n’y avait qu’une seule fête, qui était Pâques et le temps pascal. On peut lire à ce sujet le remarquable article de Dom Casel (Art Kunst
arte
art
und Sinn der altesten christicher Osterfeier, J. L. W., XIV, 1938, p. 1 sqq.). Il n’y a pas trace ni de l’Epiphanie, ni de l’Ascension, ni d’aucune autre solennité.

Mais plus intéressante encore est la réponse d’Origène à l’objection qui lui est faite : « Il faut répondre que le parfait (teleios), qui est toujours occupé en paroles, en actions, en pensées du Verbe de Dieu qui est Seigneur (Kyrios) par nature, est toujours dans les jours de celui-ci et tous les jours lui sont les dimanches (kiriakai). Celui qui se prépare sans cesse à la vraie vie, qui s’abstient des plaisirs terrestres qui séduisent la multitude et ne nourrit pas les pensées de la chair chair
sarx
carne
carnal
carnalidade
carnalidad
carnality
charnel
, celui-là célèbre toujours les parascèves. Celui qui pense que le Christ, qui est notre Pâque, a été immolé et qu’il faut célébrer la fête en mangeant la chair du Verbe, celui-là célèbre perpétuellement la Pâque, qui signifie passage (iiaêa-^pwc), passant toujours en esprit, en parole, en action, des choses de la terre à Dieu et se hâtant vers la cité de Dieu. Enfin celui qui peut vraiment dire : Nous sommes ressuscites avec le Christ, et : Il nous a ressuscites avec lui et nous a fait asseoir avec lui dans les cieux dans le Christ, celui-là est toujours dans les jours de la Pentecôte, surtout lorsque, montant au Cénacle, comme les Apôtres de Jésus, il vaque aux prières et à l’oraison, afin de devenir digne du souffle pneuma
πνεῦμα
souffle
sopro
breath
prāna
prana
Vayu
violent qui vient du ciel, qui, par sa force, détruit le péché et ce qui s’y rattache dans les hommes, digne d’avoir quelque part à la langue Sprache
língua
langue
lengua
linguagem
language
langage
lenguaje
de feu Feuer
fogo
feu
fire
pyr
Agni
qui vient de Dieu » (VIII, 22) (Sur cette symbolique des fêtes, voir aussi Hom. Num., XXIII, 2 ; Hom. Lev., IX, 5).

Ce passage est précieux pour le sens des différentes solennités liturgiques à cette date. Nous y voyons, en particulier, que Pâques est la fête du passage de la vie à la mort, mystère du Christ mort et ressuscité ; la Pentecôte, au contraire, est la fête du mystère du Christ à la fois dans sa résurrection, son ascension et la Pentecôte, c’est cette fête de l’unique mystère que le IVe siècle divisera en solennités multiples. L’autre aspect important est que ces mystères du Christ sont vécus intérieurement par l’homme spirituel, dont la vie est participation participation
participação
participación
metoche
métochè
aux mystères du Christ — et que c’est là l’essentiel. Nous retrouvons toujours l’idée centrale, que c’est la vie tout entière qui est une fête. Ce n’est pas là d’ailleurs un texte unique chez Origène. Ainsi, il écrit dans les homélies sur la Genèse genèse
genesis
génesis
 : « Dites-moi, vous qui ne venez à l’Eglise que les jours de fête, les autres jours ne sont-ils pas des jours de fête ? Ne sont-ils pas les jours du Seigneur ? Ce sont les Juifs qui ont de rares jours déterminés pour célébrer leurs solennités ; aussi Dieu leur dit-il : « Je ne peux pas souffrir vos néoménies, vos sabbats et votre grand jour. » Dieu a donc en horreur ceux qui pensent qu’il n’y a qu’un jour de fête pour le Seigneur. Les chrétiens mangent tous les jours les chairs de l’agneau, c’est-à-dire qu’ils prennent chaque jour la chair de la parole divine. « Car le Christ, notre Pâque, a été immolé. » La loi de la Pâque prescrit que la Pâque soit mangée le soir : aussi le Seigneur a-t-il souffert au soir du monde ; et vous qui vivez dans un soir continuel, jusqu’à ce que vienne le matin, vous ne devez pas cesser de manger de la chair de la parole » (X, 3 ; Lubac, 189).

Ce passage d’une homélie nous montre qu’il ne s’agit pas seulement chez Origène d’une doctrine doctrine
doutrina
canon
cânone
réservée aux parfaits. C’est tous les chrétiens qui doivent se nourrir perpétuellement de la parole divine, car nous sommes au soir du monde et nous devons veiller en attendant que se lève le jour éternel. Nous retrouvons ici quelque chose de l’attente eschatologique des premières générations chrétiennes. Il n’empêche d’ailleurs qu’ici encore Origène a repris et transposé un thème antique : l’idée de la vie comme fête perpétuelle apparaît chez Aristote, et Philon d’Alexandrie la lui avait empruntée (P. Boyancé, Le culte des Muses chez les philosophes grecs, p. 163. M. Heinemaim. (Philo’s griechische und jûdische Bildung, p. 108) pense plutôt à une origine cynique.). Enfin, nous remarquerons le passage où Origène explique la manducation quotidienne de l’agneau comme manducation de la parole. Ceci ne signifie aucunement une négation du réalisme Realismus
réalisme
realismo
realism
eucharistique. Mais Origène parle aux catéchumènes en même temps qu’aux fidèles. Le ministère qui est le sien est celui de la parole. Pour lui, ce ministère aussi est un sacrement où, sous l’écorce de l’Ecriture, une nourriture divine est cachée et, par ailleurs, l’arcane lui interdit de révéler les mystères sacramentels.

Toutefois, ceci ne signifie aucunement qu’Origène rejette le culte extérieur et en particulier l’observance des fêtes liturgiques. Voici comment il l’explique : « La foule des croyants, qui n’est pas parvenue à ces dispositions (des parfaits), a besoin Notwendigkeit
nécessité
necessidade
necesidad
necessity
besoin
need
ananke
, en guise de mémorial (hypomnesis), parce qu’elle ne veut pas ou ne peut pas vivre tous les jours de cette façon, d’exemplaires (paradeigmata) sensibles, afin de ne pas se dissiper complètement. Telle était, je pense, l’idée de Paul, lorsqu’il appelait la fête fixée à certains jours, à l’exclusion des autres, une part de fête, voulant par là nous indiquer que la vie qui est continuellement selon le Verbe de Dieu n’est pas dans une part de fête, mais dans une fête perpétuelle et continuelle. Considère enfin si nos fêtes ne sont pas plus saintes que celles des païens. Il serait long dragon
dragão
dragón
long
nāga
d’exposer pourquoi la Loi de Dieu prescrit les jours de fête de manger le pain douleur
dor
dolor
pain
lype
souffrance
sofrimento
sofrimiento
suffering
de l’affliction et des azymes avec des laitues sauvages. Il n’est pas possible, en effet, que l’homme, composé de deux parties, célèbre tout entier la fête » (VIII, 23).

Nous voyons ici apparaître la conception begreifen 
concevoir
conceber
Begriff
conceito
concept
conception
concepção
concepción
d’Origène. La fête liturgique est un hypomnema, nécessaire comme rappel, mais dont le but est spirituel et intérieur. Ailleurs, Origène explique que les parfaits doivent, eux aussi, observer ces formes extérieures du culte : « Il est donné, aussi raisonnablement, au vrai adorateur en esprit et en vérité, d’accomplir certaines figures (typika tina), afin qu’ayant libéré par cette condescendance (oikonomikos) ceux qui sont esclaves de la figure, il les conduise à la vérité des figures. Mais il faut observer que les vrais adorateurs non seulement dans l’avenir, mais déjà dans le présent, adorent en esprit et en vérité » (Comment. Joann., XIII, 18 ; Pr. 242).

De cette théologie de la liturgie liturgie
λειτουργία
leitourgía
liturgy
liturgia
liturgía
et du culte, nous avons trois éléments à retenir. Le premier est l’affirmation capitale de la fin Ende
la fin
o final
o fim
el fin
finalité
finalidade
finalidad
the end
the goal
purpose
propósito
telos
télos
meta
du culte figuratif et extérieur qui a fait place au culte en esprit et en vérité. Le second est l’affirmation non -moins nette que ce culte en esprit et en vérité, qui est celui du Nouveau Testament évangile
euanggelion
evangelium
gospel
evangelho
nouveau testament
novo testamento
NT
novum testamentum
new testament
, comporte un aspect visible. Le troisième enfin est l’explication de ce culte visible. C’est ici que la pensée d’Origène est encore tâtonnante. Il ne voit pas clairement qu’il y a là une économie sacramentelle qui commande tout le christianisme. Sa tendance tendance
tendência
tendency
qualité
qualidade
calidad
quality
attribut
atributo
atribute
guna
gunas
spiritualisante le porterait à déprécier l’importance de l’aspect visible. Mais il voit du moins que cet aspect est lié à la nature corporelle de l’homme, à sa nature sociale aussi, et ce sont bien là les raisons de convenance que continuera à développer la théologie mystagogique.