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Le Brâhmanisme

L. de Milloué : Les dieux du Brâhmanisme

Conservateur du Musée Guimet

samedi 2 mai 2009

  Sommaire  

 AÇVINS

Les deux dieux jumeaux appelés Açvins (forme du duel) sont pour nous d’une nature tout aussi énigmatique, quoique les hymnes en fassent invariablement les fils de Sourya et de Saranyou, fille de Tvachtri, ou de Sanjñâ, fille de Dakcha. Quelle que soit la déesse, leur mère, la légende de leur naissance est toujours identique : mariée à Sourya, c’est-à-dire au Soleil, Saranyou ou Sanjñâ ne peut supporter l’ardeur de son époux et, substituant à sa personne une remplaçante illusoire revêtue de toute son apparence, Tchâyâ (« l’ombre ») s’enfuit sur la terre où elle se cache sous la forme d’une jument. Sourya la poursuit, transformé en étalon, et de leur union naissent les Açvins (racine Açva, « cheval »). On les représente tantôt à cheval, tantôt montés sur des chars, souvent assis sur un seul char ou chevauchant sur le même cheval. Ce sont des dieux éminemment et toujours bienveillants : ils font couler les eaux et, avant tout, se présentent comme des médecins faiseurs de cures merveilleuses, mais se distinguent, sur ce point, de Roudra et des Marouts en ce qu’ils ne provoquent jamais les maladies qu’ils guérissent et ne possèdent pas, par conséquent, le même caractère de justicier ; leur sollicitude s’étend également sur les bestiaux et sur les hommes. Ils prennent part au sacrifice en qualité de prêtres et de chantres. Ce sont enfin les protecteurs et parfois les inspirateurs des Richis.

Malgré de nombreuses tentatives d’explication, on ne sait jusqu’à présent à quel phénomène naturel les identifier, tout en reconnaissant leur nature solaire ou ignée. Ils précèdent l’aurore et dissipent les ténèbres, et de ce fait on a proposé de les assimiler aux crépuscules, interprétation à laquelle ne se prête guère leur char unique. On les compare aussi à Indra, feu céleste, et à Agni, feu terrestre, dissipateurs des ténèbres ; ou bien encore on les identifie au soleil levant et au sacrifice matinal. Il faut bien reconnaître qu’aucune de ces interprétations n’explique leur mythe d’une manière satisfaisante.


Voir en ligne : Les Classiques des sciences sociales