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Le Brâhmanisme

L. de Milloué : Les dieux du Brâhmanisme

Conservateur du Musée Guimet

samedi 2 mai 2009

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 YAMA

Bien qu’il ne tienne qu’une place très secondaire dans les Védas, Yama est encore une Divinité qu’il est important de signaler moins en raison du rôle qu’il remplit dans la religion primitive que de celui que lui donnera la mythologie postérieure. C’est un dieu d’une nature tellement indécise qu’on peut se demander s’il est un dieu ou un simple mortel. Il semble, en effet, d’après le Rig et l’Atharva-Védas qu’il soit au début un homme et qu’il n’ait acquis l’immortalité et la divinité qu’après sa mort. Il est le premier mort. Il a frayé la route vers l’autre monde que les Pitris ont suivie après lui, et la connaissant il y guide les âmes des morts vers la direction du sud, au royaume brûlant d’Agni. De ce rôle de psychopompe à celui de juge et de roi des morts il n’y avait qu’un pas, et ce pas a été vite franchi. Souverain du monde des Morts, Yama est bientôt devenu le dieu de la mort et la mort elle-même. Il surveille et connaît toutes les actions des êtres ; il préside à leur naissance, règle leur destinée, fixe la limite de leur existence, et quand cette limite est atteinte ses satellites et ses deux chiens, Çyâma et Çabala (les Sârameyau fils de Saramâ, la chienne d’Indra, prototypes de Cerbère) amènent les âmes des défunts devant son redoutable tribunal. Est-ce en raison de ses fonctions de juge inexorable et incorruptible ? est-ce à cause de sa vertueuse résistance aux propositions incestueuses de sa sœur Yamî ? (R. V. IX, 10) Toujours est-il que dès l’antiquité védique, Yama personnifie la loi ou le devoir, Dharma, et reçoit le titre de Dharma-râdja « Roi de la Loi » qui le suivra jusque dans la mythologie du bouddhisme.


Voir en ligne : Les Classiques des sciences sociales