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Le Brâhmanisme

L. de Milloué : Les dieux du Brâhmanisme

Conservateur du Musée Guimet

samedi 2 mai 2009

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 VAYOU

Il semblerait, par exemple, que Vâyou ou Vâta, « le Vent », en sa qualité d’élément essentiel de l’allumage du feu et de personnification du mouvement (la chaleur et le mouvement sont les caractéristiques de toute vie), dût occuper une place prépondérante, et cependant c’est à peine s’il possède quelques hymnes qui lui soient consacrés en propre sans qu’il soit associé avec Indra. Les chantres védiques ne se donnent pas la peine de nous renseigner sur son origine et, en fait de parenté, nous apprennent seulement qu’il est le gendre de Tvachtri. On le dit actif, rapide, beau ; mais plutôt que les siennes propres, c’est la beauté de son char étincelant, la rapidité de ses coursiers qu’on célèbre : « Je chante la gloire du char de Vâta, dont le bruit déchire et résonne. Touchant le ciel, il s’avance, rougissant toutes les choses, et il marche, chassant devant lui la poussière de la terre. Les bouffées d’air se précipitent à sa suite et se réunissent dans lui comme des femmes dans une assemblée. Assis avec elles sur son char, le Dieu, roi de l’Univers, est porté en avant. Se hâtant, droit devant lui, par les routes de l’atmosphère, il ne s’arrête jamais un seul jour. Ami des eaux, premier né, saint, en quelle place est-il né ? D’où est-il sorti ? Ame des Dieux, origine de l’Univers, ce Dieu se meut au gré de sa fantaisie. On entend son bruit, mais on ne voit pas sa forme. Adorons ce Vâta avec une oblation. » (R. V. X, 168, 1-4) Enfin, quand on l’invoque, on lui demande la richesse, la santé, une longue vie, faveurs dont il détient la dispensation concurremment avec Roudra. En réalité, Vâyou se présente plutôt sous l’aspect d’un dieu du tonnerre et de l’orage que sous celui de dieu du vent bienfaisant, et ce caractère orageux nous explique son association intime avec Indra et sa fréquente substitution à ce dernier dans la trinité des trois feux terrestre, atmosphérique et céleste, Agni, Vâyou, Sourya.


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