Philosophia Perennis

Accueil > Tradition chrétienne > Maître Eckhart (1260-1327) > Maître Eckhart : Sermon 2 - Intravit Jesus in quoddam castellum (...)

SERMONS DE MAÎTRE ECKHART

Maître Eckhart : Sermon 2 - Intravit Jesus in quoddam castellum ...

Traductions

jeudi 11 octobre 2007, par Cardoso de Castro

honnêteté
honestidade
honesty
honneur
honra
honradez
honor
honour
retitude
retidão

Français

Intravit Jesus Jésus-Christ
Jesus Cristo
Jesus Christ
Jesús Cristo
Jesus
Jesús
Cristo
Christ
Ungido
Ointed
in quoddam castellum
et mulier quaedam, Martha nomine,
excepit illum in domun suam. Lucae II.

J’ai dit un petit mot Wort
mot
palavra
palabra
word
Worte
rema
parole
mot
mots
vāk
vāc
, d’abord en latin, qui se trouve écrit dans l’évangile évangile
euanggelion
evangelium
gospel
evangelho
nouveau testament
novo testamento
NT
novum testamentum
new testament
et qui, traduit, dit ceci : « Notre Seigneur Jésus Christ monta à un petit château fort et fut reçu par une vierge vierge
virginité
parthenía
parthenos
qui était une femme femme
mulher
woman
mujer
feminino
féminin
feminin
fêmea
female
. »

Et bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
, prêtez maintenant attention attention
atenção
atención
vigilance
vigilância
avec zèle à ce mot : il faut de nécessité Notwendigkeit
nécessité
necessidade
necesidad
necessity
besoin
need
ananke
qu’ait été une vierge l’être Sein
Seyn
l’être
estre
o ser
seer
the being
be-ing
el ser
esse
sattva
sattā
humain par qui Jésus fut reçu. Vierge veut dire rien moins qu’un être humain Mensch
homme
être humain
ser humano
human being
homem
hombre
the man
anthropos
hommes
humanité
humanity
état humain
estado humano
human state
qui est dépris de toutes images étrangères, aussi dépris qu’il l’était alors qu’il n’était pas. Voyez, on pourrait maintenant demander comment l’être humain qui est né et en est arrivé à une vie Leben
vie
vida
life
zoe
intellectuelle, comment peut-il être aussi dépris de toutes images que lorsqu’il n’était pas, alors qu’il sait beaucoup, toutes choses qui sont des images ; comment peut-il alors être dépris ? Prêtez attention maintenant à la distinction que je veux vous exposer. Serais-je à ce point doué d’intellect noûs
Vermeinen
notar
intellect
intelecto
νούς
buddhi
buddhih
VIDE intelligence
qu’en moi se trouveraient sous mode intellectuel toutes les images que tous les hommes ont jamais accueillies et qui se trouvent en Dieu Gott
Dieu
Deus
God
Dios
theos
même, serais-je sans attachement avarice
philargyria
avareza
avarícia
apego
attachment
attachement
propre au point que d’aucune je ne me sois saisi avec attachement propre dans le faire ou dans l’omettre, par anticipation ni par atermoiement, plus : au point que dans ce maintenant présent je me tienne libre et dépris en vue Sicht
vue
visão
seeing
visión
opsis
de la très chère volonté voluntas
volonté
vontade
voluntad
volition
the will
icchā
de Dieu et pour l’accomplir sans relâche, en vérité aletheia
alêtheia
veritas
vérité
truth
verdad
verdade
Wahrheit
je serais alors vierge sans entraves d’aucune image image
imagem
imagen
imaginação
imagination
kalpanā
, aussi vraiment que j’étais alors que je n’étais pas.

Je dis en outre : Que l’être humain soit vierge, voilà qui ne lui ôte rien de rien de toutes les œuvres qu’il a jamais faites ; il se tient là virginal et libre sans aucune entrave en regard de la vérité suprême, comme Jésus est dépris et libre, et en lui-même virginal. De ce que disent les maîtres, que seules les choses égales sont capables d’union déification
theosis
deificação
deificación
union
união
unión
, il suit qu’il faut que soit intact, vierge, l’être humain qui doit accueillir Jésus virginal.

Prêtez attention maintenant et considérez avec zèle ! Si l’être humain était vierge pour toujours, aucun fruit ne proviendrait de lui. Doit-il devenir fécond, il lui faut de nécessité être une femme. Femme est le mot le plus noble que l’on peut attribuer à l’âme âme
psyche
psukhê
alma
soul
atman
ātman
atmâ
âtmâ
et est bien plus noble que vierge. Que l’être humain reçoive Dieu en lui, c’est bien, et dans cette réceptivité il est intact. Mais que Dieu devienne fécond en lui, c’est mieux ; car la fécondité du don est la seule gratitude pour le don, et l’esprit esprit
espírito
spirit
mente
mind
manas
mental
est une femme dans la gratitude qui engendre en retour là où pour Dieu il engendre Jésus en retour dans le cœur coeur
kardia
cœur
coração
coración
heart
hŗdaya
paternel.

Bien des dons de prix sont reçus dans la virginité sans être engendrés en retour dans la fécondité de la femme avec louange Alléluia
Alleluia
Hallelujah
haleluya
ἀλληλούϊα
αλληλούια
Aleluia
louvor
louange
praise
glória
gloire
glory
de gratitude en Dieu. Ces dons se gâtent et vont tous au néant Nichts
néant
nada
nothing
VOIRE vide
, en sorte que l’être humain n’en devient jamais plus heureux ni meilleur. Alors sa virginité ne lui sert de rien, parce qu’à la virginité il n’adjoint pas d’être une femme en toute fécondité. C’est là que gît le dommage. C’est pourquoi j’ai dit : « Jésus monta à un petit château fort et fut reçu par une vierge qui était une femme. » Voilà qui doit être de nécessité,a ainsi que je vous l’ai exposé.

Epoux sont ceux qui donnent à peine plus d’un fruit l’an. Mais autres les époux que je vise en l’occurrence Geschehen
aventure
provenir
desenlace
acontecer
occurrence
geschehen
avoir lieu
se produire
advenir
advir
avénement
 : tous ceux qui avec attachement propre sont liés aux prières, aux jeûnes, aux veilles et à toutes sortes d’exercices intérieurs et mortifications. Un attachement propre quel qu’il soit à quelque œuvre que ce soit, qui enlève la liberté Freiheit
liberté
liberdade
freedom
liberdad
eleutheria
svātantrya
Atiguna
d’attendre Dieu dans ce maintenant présent et de le suivre lui seul dans la lumière Licht
lumière
luz
light
phos
prakāśa
prakasha
avec laquelle il t’inciterait à faire et à lâcher prise, libre et neuf à tout moment, comme si tu n’avais ni ne voulais ni ne pouvais rien d’autre : un attachement propre ou un projet d’œuvre, quels qu’ils soient, qui t’enlèvent cette liberté neuve en tout temps, voilà ce que j’appelle maintenant une année ; car [alors] ton âme ne donne aucun fruit à moins que d’avoir posséder
avoir
possuir
ter
possess
posuir
accompli l’œuvre que tu as entreprise avec attachement propre, et tu n’as confiance ni en Dieu ni en toi-même à moins que d’avoir accompli ton œuvre que tu as conçue avec attachement propre ; faute Schuld
dette
faute
dívida
deuda
guilt
debt
culpabilité
de quoi tu ne jouis d’aucune paix paix
paz
peace
shalom
śanti
. C’est pourquoi aussi tu ne donnes aucun fruit à moins que d’avoir fait ton œuvre. C’est cela que je pose comme une année, et le fruit est cependant minime car il a procédé d’attachement propre à l’œuvre et non de liberté. Ceux-là, je les appelle époux, car ils sont liés à l’attachement propre. Ceux-là donnent peu de fruit, et ce fruit même est cependant minime, ainsi que je l’ai dit.

Une vierge qui est une femme, celle-là est libre et non liée sans attachement propre, elle est en tout temps également proche de Dieu et d’elle-même. Elle donne beaucoup de fruits, et ils sont grands, ni plus ni moins que Dieu lui-même. Ce fruit et cette naissance, c’est cela que cette vierge qui est une femme fait naître, et elle donne du fruit tous les jours cent fois ou mille fois et même au-delà de tout nombre Zahl
nombre
número
number
nombres
números
numbers
, enfantant et devenant féconde à partir du fond le plus noble ; pour mieux le dire : Oui, à partir du même fond à partir duquel le Père enfante sa Parole éternelle, à partir de là elle devient féconde co-engendrante. Car Jésus, la lumière et le reflet reflet
reflexo
reflex
du cœur paternel - ainsi que dit saint sainteté
santidade
sainthood
saint
santo
Heiligkeit
holiness
santidad
Paul, qu’il est une gloire et un reflet du cœur paternel -, ce Jésus est uni à elle et elle à lui, et elle brille et rayonne avec lui comme un unique Un et comme une lumière limpide et claire dans le cœur paternel.
J’ai dit aussi en outre qu’il est une puissance acte
puissance
energeia
dynamis
dans l’âme que ne touchent temps ni chair chair
sarx
carne
carnal
carnalidade
carnalidad
carnality
charnel
 ; elle flue hors de l’esprit et demeure dans l’esprit et est en toute manière spirituelle. Dans cette puissance Dieu toujours verdoie et fleurit dans toute la félicité félicité
felicidade
bonheur
felicidad
happiness
eudaimonia
et dans toute la gloire qu’il est en lui-même. Là est telle félicité du cœur et si inconcevablement grande félicité que personne Einzelnhet
singularité
singularidade
singularity
singularidad
individuality
individualidade
individualidad
individuation
individuação
individu
indivíduo
individuum
individual
vereinzelt
isolé
Vereinzeltung
isolement
Vereinzelung
esseulement
singularização
créature
criatura
creature
personne
pessoa
person
ne peut le dire de façon plénière. Car le Père éternel engendre son Fils fils
filho
éternel sans relâche, de sorte que cette puissance co-engendre le Fils du Père et soi-même Selbst
soi-même
Soi
si mesmo
Self
si mismo
A non-personal, all-inclusive awareness.
comme le même Fils dans l’unique puissance du Père. Un homme aurait-il tout un royaume et tous les biens de la terre Terre
Terra
Earth
Tierra
Gea
Khouen
prithvî
et les abandonnerait-il simplement en vue de Dieu et deviendrait-il l’un L'Un
hen
hén
Uno
the One
des hommes les plus pauvres pauvreté
ptocheia
pauvre
pauvres
qui aient jamais vécu sur terre, et Dieu lui donnerait-il alors autant à souffrir qu’il le donna jamais à un homme, et souffrirait-il tout cela jusqu’à sa mort Tod
mort
morte
muerte
death
thanatos
mourir
morrer
die
morir
, et Dieu lui donnerait-il alors une seule fois de contempler d’un regard la façon dont il est dans cette puissance : sa félicité serait si grande que toute cette peine et pauvreté serait encore trop minime. Oui, même si après cela Dieu ne lui donnait jamais le royaume du ciel ciel
cieux
céu
céus
heaven
heavens
cielo
cielos
ouranos
Khien
Thien
, il aurait pourtant reçu un salaire par trop grand par rapport Beziehung
Bezug
Verhältnis
Weiter-reden 
relation
relação
relación
rapport
à tout ce qu’il aurait jamais enduré ; car Dieu est dans cette puissance comme dans l’instant éternel. L’esprit serait-il en tout temps uni à Dieu dans cette puissance que l’homme ne pourrait vieillir ; car l’instant où Dieu créa le premier homme et l’instant où le dernier homme doit disparaître et l’instant où je parle sont égaux en Dieu et ne sont rien qu’un instant. Voyez maintenant, cet homme habite dans une seule lumière avec Dieu ; c’est pourquoi ne sont en lui ni peine ni succession, mais une égale éternité aion
aiôn
éon
éternité
eternidade
eternity
eternidad
. Cet homme est délivré en vérité de tout étonnement, et toutes choses se trouvent en lui de façon essentielle. C’est pourquoi il ne reçoit rien de nouveau des choses à venir ni d’aucun hasard, car il habite dans un instant en tout temps nouveau sans relâche. Telle est la souveraineté divine divin
divinité
divino
divindade
divindad
divine
divinity
Godhead
dans cette puissance.

Il est encore une puissance qui est également incorporelle ; elle flue hors de l’esprit et demeure dans l’esprit et est en toute manière spirituelle. Dans cette puissance Dieu sans relâche arde et brûle avec toute sa richesse richesse
abondance
riqueza
abundância
wealth
prospérité
Artha
moyens
means
meios
, avec toute sa douceur acceptation
aceitação
acceptación
douceur
mansidão
souplesse
mou
flexibilité
et avec toutes ses délices. En vérité, dans cette puissance est si grande félicité et délices si grandes, sans mesure, que personne ne peut en parler ni le révéler pleinement. Mais je dis : Y aurait-il un seul homme qui là un instant contemplerait intellectuellement les délices et la félicité qui s’y trouvent : tout ce qu’il pourrait pâtir que Dieu aurait voulu qu’il pâtisse, cela lui serait tout entier peu de chose, et même rien de rien ; je dis plus encore : Cela lui serait en toute manière une félicité et une satisfaction joie
alegria
alegría
happiness
satisfaction
satisfação
satisfacción
contentement
contentamento
contentamiento
euthymia
ananda
ānanda
béatitude
.

Veux-tu savoir Wissen
saber
savoir
vraiment si ta souffrance douleur
dor
dolor
pain
lype
souffrance
sofrimento
sofrimiento
suffering
est tienne ou bien de Dieu, tu dois dualité
dyade
duality
dualidad
dualidade
dois
two
deux
le déceler d’après ceci : souffres-tu à cause causa
cause
aitia
aitía
aition
de ta volonté propre, en quelque manière que ce soit, souffrir te fait mal Übel
Böse
mal
evil
maligno
malefic
the bad
kakos
et t’est lourd à porter. Mais souffres-tu à cause de Dieu et de Dieu seul, souffrir ne te fait pas de mal et ne t’est pas lourd, car c’est Dieu qui porte porte
porta
puerta
gate
door
le fardeau. En bonne vérité ! Y aurait-il un homme qui voudrait souffrir de par Dieu et purement pour Dieu seul, et si s’abattait sur lui tout le souffrir que tous les hommes aient jamais pâti et que le monde Welt
Weltlichkeit
monde
mondanéité
mundo
mundidade
mundanidade
worldliness
mundanidad
Olam hazé
dṛśyam
entier à en partage, cela ne lui ferait pas mal ni ne lui serait lourd, car c’est Dieu qui porterait le fardeau. Si l’on me mettait un quintal sur la nuque et qu’ensuite ce soit un autre qui le soutienne sur ma nuque, j’en chargerais cent aussi volontiers que un, car cela ne me serait lourd ni ne me ferait mal. Dit brièvement : ce que l’homme pâtit de par Dieu et pour Dieu seul, cela Dieu le lui rend léger et doux, ainsi que je l’ai dit au commencement par quoi nous commençâmes notre sermon : « Jésus monta à un petit château fort et fut reçu par une vierge qui était une femme. » Pourquoi ? Il fallait de nécessité qu’elle soit une vierge et aussi une femme. Maintenant je vous ai dit que Jésus fut reçu ; mais je ne vous ai pas dit ce qu’est le petit château fort, ce pour quoi je veux maintenant parler.

J’ai dit parfois qu’il est une puissance dans l’esprit qui seule est libre. Parfois j’ai dit que c’est un rempart de l’esprit ; parfois j’ai dit que c’est une lumière de l’esprit ; parfois j’ai dit que c’est une petite étincelle. Mais je dis maintenant : Ce n’est ni ceci ni cela ; pourtant c’est un quelque chose qui est plus élevé au-dessus de ceci et de cela que le ciel au-dessus de la terre. C’est pourquoi je le nomme maintenant de plus noble manière que je ne l’ai jamais nommé, et il se rit de la noblesse et de la manière et est au-dessus de cela. Il est libre de tous noms démuni de toutes formes, dépris et libre tout comme Dieu est dépris et libre en lui-même. Il est aussi pleinement un et simple simplicité
simplicidade
spimplicidad
simplicity
simple
simples
que Dieu est un et simple, de sorte que d’aucune manière l’on ne peut y jeter le regard. La même puissance dont j’ai parlé, là où Dieu fleurit et verdoie avec toute sa déité et l’esprit en Dieu, dans cette même puissance le Père engendre son Fils unique aussi vraiment que dans lui-même, car il vit vraiment dans cette puissance, et l’esprit engendre avec le Père ce même Fils unique et soi-même [comme] le même Fils, et est le même Fils dans cette lumière et est la vérité. Si vous pouviez voir avec mon cœur, vous comprendriez bien ce que je dis, car c’est vrai et la vérité le dit elle-même.

Voyez, prêtez maintenant attention ! Si un et simple par delà tout mode est ce petit château fort dans l’âme dont je parle et que je vise que cette noble puissance dont j’ai parlé n’est pas digne de jamais jeter une seule fois un regard dans ce petit château fort, ni non plus cette autre puissance dont j’ai parlé où Dieu arde et brûle avec toute sa richesse et avec toutes ses délices, elle ne se risquera pas à y jeter jamais un regard ; si vraiment un et simple est ce petit château fort, et si élevé par delà tout mode et toutes puissances est cet unique Un qu’en lui jamais puissance ni mode ne peut jeter un regard, pas même Dieu. En bonne vérité et aussi vrai que Dieu vit ! Dieu lui-même jamais n’y jette un instant le regard et n’y a jamais encore jeté le regard dans la mesure où il se possède selon le mode et la propriété de ses personnes. Voilà qui est facile à comprendre verstehen
entendre
comprendre
entender
compreender
comprender
understand
, car cet unique Un est sans mode et sans propriété. Et c’est pourquoi : Dieu doit-il jamais y jeter un regard, cela lui coûte nécessairement tous ses noms divins et sa propriété personnelle ; cela, il lui faut le laisser totalement à l’extérieur innen
intérieur
interior
inner
außen
aussen
extérieur
exterior
outer
Innenseins
être intérieur
ser interior
interiority
antaratva
s’il doit jamais y jeter un regard. Mais c’est en tant qu’il est simplement Un, sans quelque mode ni propriété : là il n’est dans ce sens signification
significação
sentido
sens
meaning
raison d'être
Père ni Fils ni Esprit Saint et est pourtant un quelque chose qui n’est ni ceci ni cela.

Voyez, c’est pour autant qu’il est un et simple qu’il pénètre dans le un que là je nomme un petit château fort dans l’âme, et autrement il n’y pénétrerait en aucune manière ; mais ce n’est qu’ainsi qu’il y pénètre et y demeure. C’est par cette partie que l’âme est égale à Dieu, et pas autrement. Ce que je vous ai dit, c’est vrai ; de quoi je vous donne la vérité pour témoin spéctateur
espectador
spectator
témoin
testemunha
witness
et mon âme en gage.

Pour que nous soyons un tel petit château fort dans lequel Jésus monte et se trouve reçu et demeure éternellement en nous de la manière que j’ai dite, qu’à cela Dieu nous aide. Amen Amen
Amém
Āmēn
Āmyn
.

Evans

Intravit Jesus in quoddam castellum et mulier qiuedam excepit ilium etc. (Luc. Ϊ038). I quote first in Latin this text from the gospel. The translation reads : ‘ Our Lord Jesus Christ went up into a certain fastness and was received by a certain virgin who was a wife.’

Mark the term. Needs must it be a virgin by whom Jesus is received. Virgin is, in other words, a person void vide
vazio
void
vacuité
emptyness
empty
śūnyatā
shunyata
shûnya
shunya
śūnya
VOIR néant
of alien images, free as he was when he existed not. It may be questioned : Man born and launched on rational life, how can lie be as free from images as he was when he was not, he knowing a variety of things, images all of them : how can he possibly be void thereof ?

I answer that, were I sufficiently intelligent to have within me intellectually the sum of all the forms conceived by man and which subsist in God himself, I having no property in them and no idea idea
idée
ideia
idea
ιδεα
idéa
of ownership, positive or negative, past or to come, but standing in the present now perfectly free in the will of God and doing it perpetually : then verily I were a virgin, unhandicapped by forms, just as I was when I was not.

Further, I hold that the fact of being Seiende
Seiendes
Seienden
l'étant
étants
ente
entes
sendo
beings
being
virgin does not deprive a man at all of works that he has done : he is untrammelled, virgin-free of them in the sovran truth, even as Jesus is absolutely free and virgin in himself. According to the masters, likeness, likeness only, is the cause of union, so man must be maiden, virgin, to receive the virgin Jesus.

Now lay this fact to heart : the ever virgin is never fruitful. To be fruitful the soul must be wife. Spouse is the noblest title of the soul, nobler than virgin. For a man to receive God within him is good and in receiving he is virgin. But for God to be fruitful in him is still better : the fruits of his gift es gibt
« il y a »
dar-se
haver-se
Gegebenen
la donnée
o dado
dação
given
Gegebenheit
donation
datidade
givenness
gift
being gratitude therefor, and in this newborn thankfulness the spirit is the spouse bearing Jesus back into his Father Père
Pai
Padre
Father
Abba
’s heart.

Many good gifts received in maidenhood are not brought forth in wifely fruitfulness, reborn renaître
renascer
reborn
in praise and thanks to God. Such gifts corrupt and come to naught, man being no better and no happier for them. In this case his virginity is useless because to his virginity he does not add the perfect fruitfulness of wife. That is the mischief. Hence my text, Jesus ascended to a certain fastness and was received by a certain maid who was a wife.’ It must be so, as I have said.

Wedded folks yield little more than one fruit yearly. But it is other wedded ones that I have now in mind : those whose hearts [36] are wedded to praying, fasting, vigils or other outward discipline and mortifications of the flesh. A predilection for this sort of thing, involving loss of freedom to wait instantly on God in the here and now, and follow him alone in the light wherein he would fain show thee what to do and what to leave undone, moment by moment, fresh and clearly, as though thou hadst naught else, nor would nor could not : any such proclivity or preoccupation which constantly deprives thee of this freedom I call here a year, and thy soul yields no fruit till she is done with this work of thy affection Affektion
affection
afecção
afección
nor hast thou any trust in God or in thyself till thou hast finished with thy predilection ; in other words, thou hast no peace. There is no fruit till thy own work is done. I reckon this a year and one whose yield is poor ; the proceeds of affection not of freedom. And these folks I call wedded, yolked to their affections. Their crop is small and undersized at that, so I say, in God’s sight.

The virgin wife, free and unbound in her affections is ever as near God as to herself. She abounds in fruit and big withal, no more nor less than God is himself. This fruit, his birth, does that virgin bear who is a wife ; daily she yields her hundred and her thousandfold, nay, numberless her labours and her fruits in that most noble ground, the very ground, to speak more plainly, wherein the Father is begetting his eternal Word : there she is big with fruit. For Jesus, light and shine of the paternal heart (according to St Paul he is the ‘light and splendour’ of the Father’s heart), this Jesus is atoned with her and she with him, she is radiant with him and shining as the one alone, as one pure brilliant light in the paternal heart.

Elsewhere I have declared, there is a power possibilité
potentialité
Toute-Possibilité
pouvoir
poder
power
in the soul untouched by time and flesh, flowing from the Spirit, remaining in the Spirit, altogether spiritual. In this power is God, ever verdant, flowering in all the joy and glory of his actual self. Such dear delight, such inconceivable deep joy as none can fully tell, for in this power the eternal Father is procreating his eternal Son without a pause, the power being big with child, the Father’s Son and its own self this selfsame Son withal, in the unique power of the Father. Suppose a man absolute Absolu
Absoluto
Absolute
Absoluteness
Bhairava
Paramaśiva
monarch, the sole possessor of all earthly goods ; suppose he gave up all for God and was the poorest of the poor ; and that God laid on him to boot a burden big as ever he did lay on mortal man, all which he bare down to his death and then God granted him one fleeting vision of his being in this power : so vehement would be his joy that poverty and suffering would be wiped out. Aye, though God gave him never any taste rasa
saveur
sabor
taste
flavor
parfum
perfume
of heaven but this, yet would he have the guerdon of his passion Leidenschaft
passion
paixão
pathos
passión
rāga
rajas
, for God himself is in this power as in the eternal now. If a man’s spirit were always joined to God in this same power, he could not age. [37] For the now Jetzt 
le maintenant
o agora
el ahora
the now
wherein God made the first man and the now wherein the last man disappears and the now I speak in, all are the same in God where there is but the now. Behold this man in the same light as God having in Him no past nor yet to come, only one level of eternity. This man in truth has motion Bewegung
mouvement
movimento
movimiento
motion
kinesis
taken from him and all things stand intrinsic in him. Nothing new comes to him from future things nor yet by accident for lie dwells in the now, ever new and unceasingly renewed. So dominant is God in this same power.

There is another power, immortal too : proceeding from the Spirit, remaining in the Spirit, altogether spiritual. In this power God is fiery, aglow with all his riches, with all his sweetness and with all his bliss. Aye, in this power is such poignant joy, such vehement, immoderate delight as none can tell nor yet in truth reveal. I say, moreover, if once a man in intellectual vision did really glimpse the bliss and joy therein, then all his sufferings, all God intends that he should suffer, would be a trifle, a mere nothing to him ; nay, I say more, it would be pure joy and pleasure plaisir
prazer
pleasure
hedone
kama
kāma
kâma
amour du plaisir
philedonía
.

Wouldst thou know connaissance
gnosis
intuition intellectuelle
gnôsis
connaître
conhecer
gnose
knowledge
know
conocer
conocimiento
conhecimento
jñāna
jnāna
jnana
for certain whether thy sufferings are thine own or God’s ? Tell by these tokens. Suffering for thyself, in whatever way Weg
chemin
caminho
way
camino
, the suffering hurts thee and is hard to bear. But suffering for God and God alone thy suffering hurts thee not nor does it burden thee, for God bears the load. Believe croyance
croire
crença
crer
belief
believe
me, if there were a man willing to suffer on account of God and of God alone, then though he fell a sudden prey to the collective sufferings of all the world it would not trouble him nor bow him down, for God would be the bearer of his burden. If the burden they put upon my neck is forthwith shouldered by another I would as lief a hundred pounds as one, for not to me is it heavy and distressful. In brief : man’s sufferings for God and God alone he makes both light and pleasant.

I prefaced this sermon with the words : ‘Jesus went up into a fastness and was received by a virgin who was wife.’ Why ? She must needs be virgin and wife too. How Jesus was received I have explained. I have not told the meaning of this fastness and that I will now proceed to do.

From time to time I tell of the one power in the soul which alone is free. Sometimes I have called it the tabernacle of the soul ; sometimes a spiritual light, anon I say it is a spark. But now I say : it is neither this nor that. Yet it is somewhat : somewhat more exalted over this and that than the heavens are above the earth. So now I name it in a nobler fashion than before as regarding rank and mode which it transcends. It is of all names free, of all forms void : exempt and free as God is in himself. It is one and simple as God is one and simple, and no man can in any wise [38] behold it. This same power I am speaking of, herein God blooms and thrives in all his Godhood and the spirit in God ; in this very power the Father bears his only Son no less than in himself, for verily he liveth in this power, the spirit with the Father giving birth therein to his very Son, itself this selfsame Son, for in this light which is the light of truth, it is the Son himself. Could ye see with my heart ye would understand my words, but it is true, for truth itself has said it.

So one and simple is this fastness, frowning above all ways, of which I mind me and am telling you, within the soul, that this high faculty I speak of is not worthy even of a fleeting glance therein ; nor is that other power God glows and burns in, it durst not peer in either ; so one and indivisible this refuge is, so way-and power-transcending this solitary one that never mode nor faculty has any insight there, not even God himself. Never for an instant, as God lives, does God see into this, nor did he ever look in his conditioned nature nature
physis
phusis
phúsis
natura
natureza
naturaleza
, in his guise of Person. Note well, this one alone is lacking in every mode and quality tendance
tendência
tendency
qualité
qualidade
calidad
quality
attribut
atributo
atribute
guna
gunas
. It follows that for God to see therein would cost him all his divine names and personal properties : all these he must forgo to look therein : only as one and indivisible, having no jot of mode or quality, not Father nor Son nor Holy Ghost Esprit-Saint
Saint-Esprit
Espírito Santo
Holy Ghost
Holy Spirit
Le Saint-Esprit représente, comme la Vierge, le mystère du divin Amour. [Frithjof Schuon]
as such, can he do this ; as somewhat, yes, but not as this or that.

As one and impartible behold him entering this one that here I call the fastness of the soul, but in no different guise can he get in : thus only does he enter and subsist in it. In part the soul is the same as God but not altogether.—This that I tell you is true : truth is my witness and my soul the pledge. May we be as this fastness whereinto on ascending Jesus is received to abide eternally as I have said. So help us God. Amen.

Beltrão

INTRAVIT JESUS IN QUODDAM CASTELLUM ET MULIER QUAEDAM EXCEPIT ILLUM ETC (Lucas 10:38)

Eu tomei primeiramente esta citação dos Evangelhos em latim, que significa o seguinte : “Nosso Senhor Jesus Cristo foi
foi
faith
pistis
a uma cidadela fortificada, e ali foi recebido por uma virgem [1], que era mulher”.

Prestem bem atenção a isto. Deve necessariamente ser virgem a pessoa que receber Jesus”.Virgem”significa aquele que é vazio de imagens formadas a partir do exterior, tão vazio como aquela época em que esta pessoa ainda não era. Poderia ser indagado como a pessoa, que é nascida, e possui uma compreensão racional, pode estar despida de todas imagens, como se fosse não-nascida : pois ela sabe muitas coisas, e todas estas coisas são imagens : então como poderia estar vazia destas imagens ? Atenção à explicação. Se eu tivesse compreensão suficiente para perceber todas as imagens jamais concebidas, não apenas por todos os homens, mas também por Deus mesmo — e se eu as tivesse sem apego, na ação action
praxis
agir
atuar
ação
act
acción
prattein
ou inação, sem considerar o passado ou o futuro, mas ao invés me mantendo aberto neste agora presente, para receber a muito adorada vontade de Deus, e a realizar continuamente, então eu seria de fato um virgem, desobstruído por quaisquer imagens, fossem quais fossem, como quando eu ainda não era.

Mesmo assim eu digo que o fato de ser um virgem não tira do homem o mérito do trabalho travail
travaux
tâche
labeur
trabalho
labor
trabajo
tarefa
task
que ele já tenha realizado : ele permanece em liberdade virginal, não oferecendo obstáculo algum à mais elevada verdade, da mesma forma que Jesus permanece vazio, livre e virginal. Já que, de acordo Wachseinlassen
deixar-acordar
harmonia
harmonie
harmonía
harmony
accord
acordo
concordance
concordância
concórdia
agreement
com os mestres, a união chega apenas pela junção de semelhante com semelhante, o homem que receberia o virgem Jesus, deve ele mesmo ser virgem também.

Mas, notem bem, se a pessoa permanecesse virgem para sempre, nunca daria frutos. Quem for dar frutos algum dia, deve também se tornar mulher”. Mulher”é o nome mais nobre que se poderia dar à alma — muito mais nobre que “virgem”. Pois que um homem receba Deus em si é bom, e ao fazê-lo ele é virgem. Mas para que Deus se torne frutífero em si, isto é melhor ainda, pois o único agradecimento possível por este presente são os frutos do mesmo, e aqui o espírito se torna uma mulher, cuja gratidão é a fecundidade, causando Jesus a nascer novamente no coração paterno de Deus.

Muitos bons presentes recebidos na virgindade, não renascem em Deus, e não dão frutos como uma mulher, com agradecimento e louvor. Tais presentes apodrecem, e de nada valem, por eles não chega o homem a ser nem melhor nem mais feliz. Neste caso a virgindade é inútil, porque não lhe foi adicionada a perfeita fecundidade da mulher. Isto é um grave erro. Foi por isto que eu disse, “Jesus se dirigiu a uma cidadela fortificada e ali foi recebido por uma virgem, que era mulher”. As coisas devem se passar desta forma, como acabo de demonstrar.

Quem é casado dá pouco mais que um só fruto por ano. Mas são a outros casados que eu estou me referindo agora : todos aqueles apegados a jejuns, vigílias, preces e todo tipo de disciplina e mortificação mortification
probation
mortificação
provação
mortificación
provación
abstinence
, oriundas desde fora. Todo apego a qualquer prática praktike
prática
práticas
pratique
pratiques
, que implique a perda da liberdade, para agradar Deus no aqui e agora, e para segui-lo sozinho naquela luz que te indica o que fazer Herstellen
produire
produzir
production
producir
Herstellung
produção
production
poiesis
poiein
producteur
produtor
productor
fazer
fazimento
doer
e deixar de fazer, livre e renovadamente, como se você nada mais tivesse ou pudesse fazer — qualquer apego ou prática que lhe tolha esta liberdade, é o que eu chamo um ano : pois sua alma não dará frutos, até que você finalize este trabalho, ao qual está tão firmemente apegado, e também você não terá confiança nem em Deus, nem em si, até que finalize esta prática, ou trabalho, a que se propôs, pois você não descansará até terminá-lo. Isto é o que eu chamo de “um ano”, e o fruto deste trabalho é deveras mesquinho, pois proveio do apego à obra, e não da liberdade. São estes que eu chamo de “pessoas casadas”, pois o apego lhes ata. Dão pouco fruto, e mesmo assim mesquinho, como já disse.

Uma virgem que já é mulher, está liberta e sem apego : está sempre tão próxima a Deus, quanto de si mesma. Dá muitos e belos frutos, que são nem mais nem menos que Deus. Este nascimento da virgem que é mulher dá frutos e retorno a cem e mil por um ! Inumeráveis são, de fato, os partos realizados neste chão nobre, ou para dizê-lo mais objetivamente, naquele chão mesmo onde o Pai fala para sempre Sua Palavra eterna. Ali ela se torna frutífera, e participa no ato de criação Création
Criação
criação
creation
creación
. Pois Jesus, que é a luz e o esplendor do coração eterno (como diz São Paulo (Heb. 1:3), que Jesus é a glória e esplendor do coração do Pai, e ilumina com este poder o coração do Pai), Jesus se une à alma, e a alma à Jesus, brilhante com ele numa só unidade Einheit
unité
unidade
unidad
unity
, como uma só luz, pura e brilhante no coração paterno.

Eu já disse algures, que há na alma um poder que não está ligado nem à matéria matière
matéria
matter
ύλη
hyle
material
matériel
materialidade
matérialité
materiality
materialidad
nem ao tempo, que flui e se mantém no espírito, completamente espiritual. Neste poder Deus está se mostrando em toda alegria e glória que Ele é em si mesmo. Ali há, de fato, uma tão completa alegria, tão indizivelmente profunda, que não há quem a possa descrever adequadamente, pois nesta força o Pai eterno está para todo o sempre concebendo seu Filho eterno incessantemente, de tal forma que esta força concebe o Filho do Pai, e também ao Filho mesmo, no poder único do Pai. Suponhamos, como exemplo, que alguém reinasse sobre todo o mundo, sendo dono de tudo. Em seguida, suponhamos que ele a tudo abandonasse por Deus, e virasse o mais pobre dos pobres que jamais tivesse pisado na terra, e que além disto Deus lhe desse mais sofrimento que Ele tivesse jamais dado a qualquer outro ser vivente, e que ele tivesse que suportar isto até o dia mesmo em que morresse, e que então Deus lhe permitisse apenas vislumbrar como Ele é em seu poder — a alegria deste homem seria de tal ordem, que tudo aquilo que ele havia penado nada significaria para si. Sim, e mesmo que Deus lhe garantisse que isto seria tudo que ele jamais veria dos céus, ainda assim ele estaria ricamente quitado de todo seu sofrimento, pois Deus se encontra neste poder como no presente eterno. Se o espírito da pessoa estivesse sempre unida a Deus neste poder, ela não envelheceria mais. Pois o Agora no qual Deus fez o primeiro homem que existiu, o Agora no qual existirá o último homem da criação, e o Agora no qual eu me encontro, são os mesmos em Deus, e não existe senão um só Agora. Vejam, esta pessoa que vive unida com Deus, que não possui sofrimento com a passagem do tempo, e no qual todas as coisas se encontram em sua essência essence
ousía
ousia
essência
essentia
esencia
essence
, nenhuma novidade lhe vem de encontro, nem qualquer acidente, pois ele vive no Agora, sempre novo e revitalizado, sem intermissões. Tal é a soberania divina que caracteriza este poder.

Existe um outro poder, também imaterial, oriundo e estabelecido no espírito, completamente espiritual. Neste poder Deus se encontra brilhante, resplandecente em Sua riqueza multifacetada, em toda doçura repos
repouso
stillness
quietud
quietness
passividade
doçura
quietude
quiescence
recueillement
recolhimento
apaisement
hesychia
śānta
Śamah
e alegria. Neste poder está concentrada uma alegria tão inefável, que não há o que o possa descrever. Contudo, eu afirmo, se um homem houvesse que em visão intelectual e em verdade de leve chegasse a vislumbrar a felicidade ali acumulada, então tudo aquilo que ele tivesse acaso sofrido, e tudo que Deus lhe houvesse colocado no caminho de dor, para ele nada seria, seria um zero para ele. De fato, eu digo que para ele isto seria somente alegria e conforto.

Se você quer descobrir se seu sofrimento provém de você ou de Deus, há um teste simples para isto : Se é por você que sofre, então isto é difícil de agüentar e incomoda. Mas se você sofre por Deus apenas, seu sofrimento não lhe é uma carga, e não pesa nada, pois é Deus que agüenta tudo. O fato é que, se houvesse alguém que se dispusesse a sofrer exclusivamente por Deus, então se lhe coubesse agüentar todo o sofrimento coletivo da raça humana, tudo que todos já sofreram, isto sequer o acabrunharia, pois seria Deus que levaria a carga toda. E se me colocassem uma carga de cem quilos, mas outro a tivesse levando, eu sustentaria cem quilos tão folgadamente quanto um só, pois isto não me pesaria ou causaria incômodo. Resumindo, aquilo que a pessoa sofre por Deus e somente por Deus, Ele o torna leve e fácil de levar. Como eu disse no começo Anfang
origine
começo
início
comienzo
origem
arche
Anfängnis
começar
iniciar
deste sermão : “Jesus foi a uma cidadela fortificada, e ali foi recebido por uma virgem, que era mulher”.Por que ? Tinha que ser assim, virgem e mulher. Eu já disse que Jesus foi recebido, mas ainda não expliquei o que vem a ser a cidadela fortificada, que é o que o farei agora.

Eu disse já algumas vezes que existe um poder na alma que apenas ele é livre. Por vezes o chamei de guardião do espírito, outras vezes de luz do espírito e disse ainda, em outras ocasiões, que seria uma fagulha. Mas agora eu digo que não é isto ou aquilo : é algo mais elevado que isto tudo, tanto quanto o céu é exaltado sobre a terra. Vou agora pois nomeá-lo de uma forma mais nobre que o fiz até então, mesmo que este poder não ligue para o nome e forma nâma-rûpa
nama-rûpa
nama-rūpa
nom-forme
nom et forme
nome-forma
nome e forma
name-form
name and form
nombre-forma
nombre y forma
, por transcendê-los. Está livre de todos os nomes, e vazio de todas as formas, completamente livre e desapegado, como Deus é livre e desapegado em Si. É completamente uno e simples, como Deus é, de tal forma que homem algum o possa fitar. Aquele poder que eu mencionei, no qual Deus desabrocha para todo o sempre, e está brilhando em Sua essência, e o espírito em Deus, neste mesmo poder Deus dá a luz ao seu Filho Único tão completamente quanto em Si mesmo, pois Ele mora neste poder e o espírito faz nascer ao Pai aquele mesmo Filho único, e a Si mesmo como Filho, e Ele mesmo é o Filho único nesta luz. Se você pudesse ver isto com meu coração, você compreenderia o que eu digo, pois isto é a verdade, e a verdade declara a si própria.

Agora vejam ! Tão una e simples é esta cidadela fortificada na alma, tão elevada sobre todos os modos, que este nobre poder que acabei de mencionar não é sequer digno de dar uma olhadela que seja para dentro desta cidadela fortificada, e nem mesmo aquele outro poder que eu havia mencionado, no qual Deus brilha em toda sua riqueza resplandecente e alegria, seria capaz de ter a mais leve penetração dentro desta cidadela : tão verdadeiramente una e simples é a cidadela fortificada, transcendendo a todos os modos e poderes solitariamente, que nem poder nem modo a poderá alcançar, nem mesmo Deus mesmo ! Isto é fato, assim como Deus vive ! Deus mesmo a isto não pode fitar, pois Ele existe nos modos e propriedades de Suas pessoas. Apenas este Uno não possui modo nem propriedade. Logo, para que Deus ali pudesse dar uma olhadela, isto lhe custaria todos Seus nomes divinos e propriedades pessoais : a todos Ele os deveria deixar do lado de fora, se quisesse fitar jamais isto. Mas apenas enquanto uno e indiviso, sem modos ou propriedades : neste sentido Deus, não é nem o Pai, nem o Filho, e nem o Espírito Santo, contudo algo Ele é, que não é nem isto nem aquilo.

Vejam, na forma em que Ele é uno e simples, Ele pode entrar naquilo que eu chamo de cidadela da alma, mas de nenhuma outra forma : apenas assim Ele ali entra e mora. Nesta parte da alma, ela é idêntica a Deus, e em mais nenhuma. O que eu acabei de dizer é a verdade : chamo a verdade como testemunha e ofereço minha alma como garantia.

Possamos nós ser aquela cidadela, a qual Jesus ascenda e seja ali recebido para morar eternamente em nós, da forma que eu descrevi, para tal nos ajude Deus !

Amém.


Voir en ligne : SERMÃO II


[1Eckhart interpreta de sua maneira o texto da Bíblia em Latim, onde nada é dito sobre uma virgem.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?