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René Guénon, la dernière chance de l’Occident

Robin : NAMTCHOUWANGDAN — GRAND HUM

Jean Robin

samedi 2 août 2014

honnêteté
honestidade
honesty
honneur
honra
honradez
honor
honour
retitude
retidão

Extrait de Jean Robin, « René Guénon, la dernière chance de l’Occident ».

honnêteté
honestidade
honesty
honneur
honra
honradez
honor
honour
retitude
retidão

Mais pour en revenir aux deux dualité
dyade
duality
dualidad
dualidade
dois
two
deux
symboles symbolon
symbolisme
symboles
symbole
simbolismo
símbolo
símbolos
symbol
symbolism
symbols
extrême-orientaux qui ont suscité toutes ces considérations, on s’étonnera peut-être qu’ils réfèrent si explicitement à des traditions — nous voulons dire : le Judaïsme, le Christianisme (malgré le Nestorianisme) et à un degré moindre l’Islam — qui étaient en dehors de la sphère traditionnelle dans laquelle s’exprimaient les symboles susdits. En fait, il faut se souvenir que le Namtchouwangdan, comme nous l’avons dit, venait de Shamballah, localisation du Centre centre
centro
center
suprême (libre, par définition, des limitations exotériques) et qu’il était en rapport Beziehung
Bezug
Verhältnis
Weiter-reden 
relation
relação
relación
rapport
direct avec la doctrine doctrine
doutrina
canon
cânone
cyclique du Kalachakra, éminemment ésotérique puisqu’elle est liée au « mystère mystère
mysterion
mystères
mistério
mistérios
mystery
mysteries
des pôles ». De son fils
filho
hijo
son
côté, le Grand Hum ornait l’étendard de Gengis khan, dont le nom est un pseudonyme initiatique ( son nom véritable étant Témoudjin) qui correspond sensiblement dans sa forme forme
eidos
eîdos
aspecto
perfil
aspect
mongolique à ce que le sanskrit rend par Raja-Chakravartî.

Et, nous l’avons vu, « Gengis khan et ses successeurs tenaient le Christianisme et l’Islam en très haute estime. Pour Gengis khan, l’idée idea
idée
ideia
idea
ιδεα
idéa
du Dieu Gott
Dieu
Deus
God
Dios
theos
suprême justifiait sa monarchie universelle. Son code (yasa) formule ainsi le premier commandement : « Gengis khan introduisit la foi
foi
faith
pistis
en un Dieu créateur du ciel ciel
cieux
céu
céus
heaven
heavens
cielo
cielos
ouranos
Khien
Thien
et de la terre Terre
Terra
Earth
Tierra
Gea
Khouen
, seigneur de toutes choses » [1]. »

De plus, Gengis khan et ses successeurs immédiats avaient donné à leur gouvernement polis
cidade
πόλις
pólis
sítio
política
politique
politics
governo
gouvernement
government
gouvernance
governança
un principe Principe
arche
arkhê
princípio
Princípio
Principio
Principle
formel : « tolérer, respecter toutes les confessions religieuses de leurs sujets, qu’ils fussent chrétiens, musulmans ou bouddhistes, participer même à leurs cérémonies, mais ne professer expressément aucune croyance croyance
croire
crença
crer
belief
believe
 [2]. »

L’universalisme qui se déduit directement de la « lecture » du Namtchouwangdan et du Grand Hum n’a donc rien qui puisse surprendre. Plus étonnant peut-être est l’aspect quelque peu... paradoxal que revêtit, historiquement, cette affirmation de tolérance. Mais les apparences ne doivent pas nous abuser, car si Gengis khan, de toute façon, ne saurait être assimilé purement et simplement à un représentant direct du « Roi du Monde Welt
Weltlichkeit
monde
mondanéité
mundo
mundidade
mundanidade
worldliness
mundanidad
Olam hazé
 » — le chef de la hiérarchie initiatique du Centre suprême — il ne faut pas oublier, néanmoins, que le glaive est un attribut tendance
tendência
tendency
qualité
qualidade
calidad
quality
attribut
atributo
atribute
guna
gunas
du Christ glorieux (cf. Apocalypse révélation
revelatio
apocalypse
apocalypsis
ἀποκάλυψις
Shruti
, 1,16 et XIX, 15). Et si l’« épée acérée à double tranchant » sort de sa bouche, c’est que cette arme symbolise effectivement le Verbe, « avec son double pouvoir possibilité
potentialité
Toute-Possibilité
pouvoir
poder
power
créateur et destructeur [3] », et renvoie également aux deux phases cosmologiques de « coagulation » et de « solution » connues des hermétistes. (Une autre arme symbolique, la lance du Graal, possédait de même le double pouvoir d’infliger des blessures et de les guérir.)

Quant au reste, on n’aura garde d’oublier, également, que le Roi du Monde « a pour attributs fondamentaux la « Justice dike
dikaiosyne
justice
justiça
justicia
imparcialidade
justo
imparcial
compliance
Δίκη
 » et la « Paix paix
paz
peace
 ». [...] C’est là encore un point de la plus grande importance ; et, outre sa portée générale, nous le signalons à ceux qui se laissent aller à certaines craintes chimériques [...] [4] »

Elles seraient d’autant moins fondées, oserons-nous ajouter, que si l’on en croit F. Ossendowski [5], le Roi du Monde, lors de ses apparitions dans l’Inde et au Siam, jadis, bénissait le peuple « avec une pomme d’or surmontée d’un agneau » — qui évoque immédiatement l’Agneau de l’Apocalypse, le Sacrifié, celui qui a été égorgé et dont il est maintenant écrit : « Réjouissons-nous, exultons et rendons-lui gloire Alléluia
Alleluia
Hallelujah
haleluya
ἀλληλούϊα
αλληλούια
Aleluia
louvor
louange
praise
glória
gloire
glory
, car elles sont venues, les noces de l’Agneau ; son Epouse s’est apprêtée, et il lui a été donné de se vêtir d’un lin fin, splendide, pur. »


Voir en ligne : JEAN ROBIN


[1R. Bleichsteiner, L’Eglise jaune, éd. Payot.

[2R. Bleichsteiner, op. cit.

[3Symboles fondamentaux de la Science sacrée, chap. XXVI, « Les armes symboliques ».

[4René Guénon, Le Roi du Monde, éd. Gallimard.

[5Cf. Bêtes, Hommes et Dieux, l’énigme du Roi du Monde.