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Philosophie de la Nature

Faivre : Naturphilosophie

Antoine Faivre

lundi 4 août 2014

honnêteté
honestidade
honesty
honneur
honra
honradez
honor
honour
retitude
retidão

Dans la genèse genèse
genesis
génesis
de la Naturphilosophie comme de la théosophie théosophie
teosofia
teosofía
theosophia
occidentales modernes, Paracelse a joué un rôle déterminant. Tandis que selon la tradition diadosis
tradition
tradição
tradición
néoplatonicienne le premier principe Principe
arche
arkhê
princípio
Princípio
Principio
Principle
divin divin
divinité
divino
divindade
divindad
divine
divinity
Godhead
s’abaisse jusque dans la matière matière
matéria
matter
hyle
material
matériel
materialidade
matérialité
materiality
materialidad
par une série de degrés, la Nature nature
physis
phusis
phúsis
natura
natureza
naturaleza
selon Paracelse est plutôt épiphanie epifania
épiphanie
epiphàneia
epiphany
Ἐπιφάνεια
branchée directement sur la toute-puissance acte
puissance
energeia
dynamis
divine. Mais Paracelse partage avec le néoplatonisme une conception begreifen 
concevoir
conceber
Begriff
conceito
concept
conception
concepção
concepción
qualitative du temps, toute chose individuelle possédant son fils
filho
hijo
son
rythme propre. Il distingue deux dualité
dyade
duality
dualidad
dualidade
dois
two
deux
ordres de réalité Bestand
Grundbestand
Realität 
réalité
realité fondamentale
réalité subsistante
real
réel
realidad
realidade
supra-sensibles, ou « lumières ». Il y a la « lumière Licht
lumière
luz
light
phos
de la Grâce », d’ordre spirituel, monde Welt
Weltlichkeit
monde
mondanéité
mundo
mundidade
mundanidade
worldliness
mundanidad
Olam hazé
divin auquel est relié l’homme Mensch
homme
être humain
ser humano
human being
homem
hombre
the man
anthropos
hommes
humanité
humanity
état humain
estado humano
human state
par son esprit esprit
espírito
spirit
mente
mind
manas
mental
immortel. L’autre « lumière », ou philosophia Philosophie
philosophy
filosofia
filosofía
φιλοσοφία
philosophia
sagax, celle dite « de Nature » et qui n’est pas la voie Tao
Dao
la Voie
The Way
intellective des scholastiques, est présentée par Paracelse comme puissance autonome de révélation révélation
revelatio
apocalypse
apocalypsis
ἀποκάλυψις
Shruti
. Entre les deux il place Ort
lieu
lugar
location
locus
place
un troisième lieu ou terme, l’« astronomie » ou « astrologie astrologia
astrologie
astrología
astrology
 ». Tout ce qui concerne les règnes minéral, végétal, animal Tier
animal
zoon
Tierheit
animalidade
, ainsi que la biologie et la psychologie humaines, ressortit à la lumière de Nature et constitue un immense réseau de rapports analogiques. Ainsi, il y a des correspondances entre planètes, métaux, parties du corps Körper
corpo
corps
cuerpo
body
Deha
humain. Surtout, par ce qu’il appelle la « chimie » - et qui exprime une conception alchimique du monde -, Paracelse entend un instrument de connaissance connaissance
gnosis
intuition intellectuelle
gnôsis
connaître
conhecer
gnose
knowledge
know
conocer
conocimiento
conhecimento
de l’univers Univers
Universo
Universe
entier et de l’homme. Tout, y compris les astres, a été créé « chimiquement », continue à évoluer de façon « chimique ». Une alchimie se trouve ainsi reliée organiquement à l’astronomie, à l’astrologie, à toutes les sciences.

Le paracelsisme ne commence à se répandre en Allemagne et en Europe qu’à la fin Ende
la fin
o final
o fim
el fin
finalité
finalidade
finalidad
the end
the goal
purpose
propósito
telos
télos
meta
du XVIe et au début du XVIIe siècle. Parmi les successeurs ou disciples immédiats figurent Gerhard Dorn, Adam von Bodenstein, Michael Toxites, Alexander von Suchten, Oswald Croll. Leur philosophie revêt un caractère toujours dynamique, qu’on retrouve transféré jusqu’en Dieu Gott
Dieu
Deus
God
Dios
theos
même, qui pour eux n’est nullement Deus otiosus. La manière dont ils conçoivent l’unité Einheit
unité
unidade
unidad
unity
organique du monde et multiplient les hypostases aboutit toujours à une « physique sacrée » éloignée de la sécheresse propre à maintes cosmologies médiévales, exception faite de celles que transmirent, par exemple, un saint sainteté
santidade
sainthood
saint
santo
Heiligkeit
holiness
santidad
Bonaventure ou une sainte Hildegarde de Bingen. C’est l’irruption, en Occident, d’une cosmosophie « physiologiste ».

Cette pensée denken
pensar
penser
think
pensamento
pensée
pensamiento
thinking
connaît une triple postérité, outre les disciples directs et immédiats. D’abord, sous l’aspect forme
eidos
eîdos
aspecto
perfil
aspect
d’une alchimie et d’une astrologie fortement marquées par elle. Également, sous celui d’une « philosophie chimique » plus ou moins teintée d’alchimie et dont la science Wissenschaft
science
sicences
ciência
ciências
ciencia
ciencias
episteme
επιστήμη
epistêmê
positive tentera difficilement de se débarrasser tout au long dragon
dragão
dragón
long
nāga
des XVIIe et XVIIIe siècles. Enfin, sous la forme d’une théosophie qui apparaît et se développe comme un courant spécifique et qui, en passant par la pansophie du XVIIe siècle, marque profondément certains des Naturphilosophen de l’époque préromantique puis romantique. Toutefois, si la Naturpbilosophie est généralement tributaire de Paracelse, au moins indirectement, elle peut, comme on l’a vu, n’avoir posséder
avoir
possuir
ter
possess
posuir
avec la théosophie que peu de rapports.

La « lumière de Nature » paracelsienne porte porte
porta
puerta
gate
door
surtout sur les « causes secondes », c’est-à-dire sur la Nature proprement dite - ses lois, les correspondances entre ses niveaux de réalité. Or, des courants de pensée apparus dès la fin du XVe siècle, comme la Kabbale Kabbale
Cabala
Cábala
Kabbalah
Qabbala
Qabale
chrétienne et l’hermétisme Hermetismo
Hermes
Hermétisme
Hermetism
Hermès
Corpus Hermeticum
Poimandres
Poimandrès
néo-alexandrin, ont favorisé le goût pour une mystique mysticisme
misticismo
mysticism
μυστικός
mystikos
místico
místicos
mystic
mystique
spéculative plus globalisante portant sur les rapports de l’homme et de l’univers avec Dieu. Au cours de la seconde moitié du XVIe siècle, cette forme de spéculation illuminée commence à prendre un aspect très spécifique de gnose, qu’il est convenu d’appeler la théosophie. Valentin Weigel, Khunrath|Heinrich Khunrath, Aegidius Gutman, Johann Arndt en sont les principaux annonciateurs, mais c’est avec Jacob Boehme, dans le premier tiers du XVIIe siècle, qu’elle acquiert ses principales caractéristiques, quasi définitives. Cette sorte d’amalgame entre la tradition mystique médiévale allemande et une cosmosophie de type paracelsien se présente comme une herméneutique Hermeneutik
hermenêutica
herméneutique
hermeneutics
hermeneutica
visionnaire appliquée aux textes bibliques. Entre les théosophes on trouve peu d’unité doctrinale, mais trois trinité
trois
triade
ternaire
trindade
três
tríade
ternário
trinity
three
triad
Trimûrti
Trimurti
traits communs les relient : A. Une spéculation illuminée portant sur le « triangle » Dieu-homme-Nature, dont les trois termes entretiennent les uns avec les autres des rapports complexes selon des processus ou des scénarios dramatiques. B. La primauté de l’élément mythique : l’imagination image
imagem
imagen
imaginação
imagination
kalpanā
active au théosophe s’exerce de préférence sur les éléments et les thèmes les plus mythiques de la Révélation (la Sophia sophia
sagesse
sabedoria
wisdom
sabedoría
σοφία
Sage
Sábio
, les anges anjo
anjos
ange
anges
angel
angeles
arcanjo
arcanjos
archange
archanges
deva
devas
, l’androgyne primitif, les chutes successives, etc.). Nous avons affaire à une sorte de théologie teologia
théologie
teología
theology
θεολογία
de l’image. C. L’accès direct aux mondes supérieurs, grâce à une faculté que posséderait l’homme - notamment le théosophe - de pénétrer directement le monde divin ou celui d’entités supérieures (le mundus imaginalis, comme l’appellera Henry Corbin), d’où la possibilité possibilité
potentialité
Toute-Possibilité
pouvoir
poder
power
d’explorer tous les niveaux de réalité, d’assurer une compénétration du divin et de l’humain, enfin de donner à notre esprit la possibilité de se « fixer » dans un corps de lumière ; mais la théosophie n’est pas vraiment une « mystique » au sens strict du terme puisqu’elle ne prétend pas abolir les images : pour Boehme et ses successeurs l’image est au contraire accomplissement.

Ce courant surgi en terre Terre
Terra
Earth
Tierra
Gea
Khouen
luthérienne est « réformateur », mais pas au sens protestant du mot Wort
mot
palavra
palabra
word
Worte
rema
parole
mot
mots
 ; il correspond à un besoin Notwendigkeit
nécessité
necessidade
necesidad
necessity
besoin
need
ananke
de réformer l’homme de l’intérieur innen
intérieur
interior
inner
außen
aussen
extérieur
exterior
outer
Innenseins
être intérieur
ser interior
interiority
antaratva
et n’exprime en aucune manière une volonté voluntas
volonté
vontade
voluntad
volition
the will
de créer une nouvelle Église constituée, une secte ou même un groupement organisé. Le courant rosicrucien en est proche, qui naît au moment même où Boehme rédige ses premiers livres, c’est-à-dire quand s’intensifie un besoin d’unité des sciences et de l’éthique - un désir désir
epithymia
epithymía
épithymétikon
épithymia
concupiscence
convoitise
d’unifier la pensée et aussi, par la suite, de réagir contre un imaginaire de type mécaniste qui tendra à devenir normatif. On appelle « pansophie » une pensée de type rosicrucien et plus ou moins paracelsien qui se présente comme une volonté de savoir Wissen
saber
knowledge
savoir
universel, toutes choses étant ordonnées à Dieu et classées selon des rapports d’analogie analogia
analogie
analogy
analogía
 ; il s’agit de connaître les choses divines en partant d’un déchiffrement des « signatures » ou hiéroglyphes repérables partout dans le monde naturel, alors que la théosophie proprement dite partirait plutôt du divin pour comprendre verstehen
entendre
comprendre
entender
compreender
comprender
understand
l’univers. Mais dans la pratique praktike
prática
práticas
pratique
pratiques
, théosophie et pansophie sont complémentaires ou peu distinctes l’une de l’autre.

Parmi les principaux représentants du courant théosophique on peut citer, outre Jacob Boehme, les noms de Johann Georg Gichtel, Gorceix Kuhlmann Angustia Angst 
angoisse
angústia
anxiety
angustia
angstbereit
prêt à l’angoisse
ängsten
s’angoisser
angustiar-se
|Quirinus Kuhlmann, en Allemagne ; Johann Baptist Van Helmont en Hollande ; Robert Fludd, John Pordage, Jane Leade, en Angleterre ; Pierre Poiret, Antoinette Bourignon, en France. Cela, pour le XVIIe siècle. Dans la première moitié du suivant, William Law, Dionysius Andréas Freher, parmi les Anglais, et le Suisse Saint-Georges de Marsais, qui se situent dans la mouvance boehméenne. En Allemagne, Georg von Welling, A.J. Kirchweger, Samuel Richter, Hermann Fictuld sont des théosophes davantage marqués par la pensée alchimique et surtout paracelsienne. Si l’époque de Boehme avait inauguré le premier « âge d’or » de la théosophie, il faut attendre la fin du XVIIIe siècle et l’époque romantique pour assister à l’avènement du second, qui est en même temps le dernier. En France ce sont surtout Louis-Claude de Saint-Martin (inspiré par Boehme et par Martinès de Pasqually). Jean-Philippe Dutoit-Membrini. En Allemagne, Friedrich Rudolf Salzmann, Michael Hahn, parfois Karl von Eckartshausen et Johann Heinrich Jung-Stilling, mais surtout Friedrich Christoph Oetinger puis Franz von Baader qui tous deux comptent de nombreux disciples et épigones. Le Suédois Emmanuel Swedenborg les précède, dont la position est relativement marginale par rapport Beziehung
Bezug
Verhältnis
Weiter-reden 
relation
relação
relación
rapport
à l’ensemble des noms cités, mais à partir de la fin du Siècle des Lumières il exerce une influence spirituelle et culturelle considérable.

Au nom du Souabe Oetinger il faut associer ceux de ses disciples contemporains ou penseurs inscrits dans la même mouvance que la sienne : Johann Ludwig Fricker, Prokop Divisch, Friedrich Rosier, dits les « théologiens de l’électricité » et auxquels une partie du présent livre est consacrée. Ces auteurs recourent de façon presque permanente aux deux sources d’inspiration inspiration
inspiratio
inspiração
inspiración
qui pour eux s’éclairent et se vérifient réciproquement : la Nature et la Bible. Les images révélées - qu’il s’agisse des six jours de la Création Création
Criação
criação
creation
creación
, du jardin d’Eden ou de la vision d’Ezéchiel - sont entendues concrètement, dans la perspective d’un réalisme Realismus
réalisme
realismo
realism
spirituel qui préserve et favorise les interprétations à plusieurs niveaux. Presque aussitôt après, le mesmérisme, c’est-à-dire l’ouvre et l’enseignement de Franz Anton Mesmer, popularise le goût de l’époque pour le magnétisme en donnant à celui-ci un fondement Grund
Fundament 
fondement
fundamento
Fundamente
fondations
fondation
ādhāra
root
qui paraît vraiment scientifique aux yeux de beaucoup sans pour autant évacuer le mystère mystère
mysterion
mystères
mistério
mistérios
mystery
mysteries
. L’engouement est grand pour tout ce qui touche au magnétisme, au galvanisme, à l’électricité (1789, expériences de Galvani ; 1800, pile de Volta). Dans la mouvance de la théosophie oetingérienne et du pragmatisme de Mesmer - médecin peu métaphysicien - la Naturphilosophie romantique va naître. Mais elle ne résulte pas uniquement de ces deux courants. Trois autres facteurs au moins entrent aussi en ligne de compte.

D’abord, le naturalisme français. Voilà qui peut sembler paradoxal, mais avec Buffon, avec Le Rêve sonho
rêve
dream
Morphée
songe
de d’Alembert (1769) de Diderot, une nouvelle physique apparaît. Certes, elle se présente davantage sous la forme d’un exercice littéraire que comme un calcul scientifique, mais en se popularisant elle pénètre la culture. On voit aussi, chez Buffon, se manifester le goût de la synthèse (sans doute un des deux traits caractéristiques de la pensée romantique, l’autre étant le sentiment Gefühle
sentiment
sentiments
sentimentos
feelings
sentimientos
emotion
emoção
emoción
emotions
emoções
emociones
douloureux des limites de la condition humaine) et resurgir un thème comme l’Ame du Monde - que le XVIIe siècle n’avait pas oublié. Buffon, et même d’Holbach, ont en quelque sorte rapporté en Allemagne ce qui était venu d’elle, c’est-à-dire de Leibniz ; mais un Leibniz préalablement revu et corrigé par le naturalisme français qui transfère la monade, substance Substanz
substance
substância
substancia
Substanzialität
substancialité
substancialidade
substantiality
substancialidad
intelligible intelligible
intelligibles
noeton
kosmos noetos
inteligível
inteligíveis
inteligible
inteligibles
accessible au seul entendement, dans la nature phénoménale elle-même.

Le second facteur, plus déterminant, est la philosophie de Kant et de Fichte. Friedrich Schlegel, Novalis et d’autres croient trouver chez Kant une conception du monde comme produit de l’imagination - c’est-à-dire comme résultat de l’activité Yin
Yang
passivité
activité
passif
actif
synthétique, spontanée, de l’Esprit. Et dès ses Anfangsgründe der Naturwissenschaft (1786), Kant présente comme constitutives de toute la Nature les deux forces de la physique newtonienne : l’attractive et la répulsive, dans le temps Zeit
le temps
o tempo
the time
el tiempo
chronos
kala
où la notion de polarité s’échappe des traditions de l’hermétisme pour s’introduire dans les plus divers domaines de réflexion, notamment en médecine, ce dont témoigne le succès du médecin écossais John Brown (Elementa Medicinae, 1780). Quant à Fichte, il pose comme identiques la chose en soi Selbst
soi-même
Soi
si mesmo
Self
si mismo
A non-personal, all-inclusive awareness.
et notre représentation de celle-ci ; il n’y a dès lors point d’existence Existenz
existence
exister
existentia
existência
existencia
bios
absolue hors du sujet sujet
objet
sujeito
objeto
subject
object
Subjekt
Objekt
car c’est lui qui crée le réel. Schelling dira que Fichte a restitué la confiance fondamentale dans l’objet, confiance naturelle à l’être Sein
Seyn
l’être
estre
o ser
seer
the being
be-ing
el ser
esse
sattva
sattā
humain mais ébranlée par Descartes puis par Kant.

Le troisième facteur est d’ordre religieux. Après avoir passé tout au long du XVIIIe siècle pour un athée, à l’époque romantique Spinoza revient sur le devant de la scène sous la forme d’un penseur ivre de Dieu. On tend alors à lire la formule « Deus sive natura » non plus comme une profession de foi
foi
faith
pistis
déguisée de matérialisme, mais comme l’affirmation que la Nature est quelque chose de divin. D’où la tendance tendance
tendência
tendency
qualité
qualidade
calidad
quality
attribut
atributo
atribute
guna
gunas
de plus en plus affirmée à poser un Dieu non pas identique aux choses - la Naturphilosophie évite le panthéisme panthéisme
panteísmo
pantheism
- mais conçu comme un foyer d’énergie dont procède, comme développement de forces organiques, l’ensemble du monde fini. Sous l’influence plus ou moins directe de Herder, les premiers romantiques allemands vont tendre à remplacer la notion d’organisme cosmique - telle qu’on la trouve chez Hamann, Jacobi ou Hemsterhuis - par celle d’une force dynamique, à effacer le concept spinozien de substance au profit de quelque chose de plus énergétique. Et puis, au moment où surgit la Naturphilosophie la religion Religion
religion
religião
religión
est en crise. C’est l’époque où Chateaubriand, dans son Essai sur les révolutions (1797), se demande quelle est la religion qui va succéder au christianisme8.

Pour une large part grâce à ces facteurs, dans les toutes dernières années du XVIIIe siècle et pendant plus de cinquante ans va s’exprimer une manière très neuve d’aborder l’étude de la nature. Presque simultanément (1798) paraissent la Weltseele de F.J.W. Schelling et l’essai de Franz von Baader Ueber das pythagoràische Quadrat in der Natur. A ce coup d’envoi en deux temps il faut ajouter les premiers écrits du jeune C.A. von Eschenmayer, qui avec Franz von Baader et davantage que Schelling contribue à unir les données d’un héritage de type ésotérique à l’esprit nouveau de la philosophie kantienne. Parmi les principaux représentants de cette « école » qui se prolonge environ jusqu’à la mort Tod
mort
morte
muerte
death
thanatos
mourir
morrer
die
morir
de Carl Gustav Carus (1869) figurent dans le monde germanique, outre les noms déjà cités : Karl Friedrich Burdach, Wilhelm Butte, Joseph Ennemoser, Gustav Fechner, Joseph Görres, Justinus Kerner, Giovanni Malfatti, Johann Friedrich von Meyer, Adam Müller, Novalis, Jean-Christian Oersted, Lorenz Oken, Johann Nepomuk Ringseis, Johann Wilhelm Ritter, Gotthilf Heinrich von Schubert, Henrik Steffens, Gottfried Reinhold Treviranus, Ignaz Troxler, Johann Jakob Wagner, Karl Joseph Windischmann. Peu de choses à dire d’autres aires culturelles, bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
qu’il soit nécessaire d’ajouter deux grands noms de philosophes anglais teintés par cette école : William Paley (Natural Theology, 1802) et Sir Humphrey Davy (Consolations in Travel, 1830).


Voir en ligne : Antoine Faivre