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PSYCHANODIA

Couliano : L’Archange Uriel

Ioan Couliano

mardi 5 août 2014

honnêteté
honestidade
honesty
honneur
honra
honradez
honor
honour
retitude
retidão

Quant à l’ange anjo
anjos
ange
anges
angel
angeles
arcanjo
arcanjos
archange
archanges
deva
devas
(Ye)remiel, son nom apparaît aussi dans les chapitres les plus anciens de l’Hénoch Hénoch
Enoque
Enoch
Hénoch est le nom de trois personnages, dont deux sont des patriarches de la Bible.
. Le papyrus Gizeh, au ch. XX, ajoute à la liste des six saints anges le nom Remeiel. Le nom Ramiel, (ou Rumaël) apparaît dans les chapitres VI et LXIX, mais là il s’agit d’un ange déchu.

Dans les apocryphes IV Esdras et II Baruch, qui ont été composés pendant la même période (70-135 apr. J.-C.), le nom angélique Remiel figure aussi. Or, il est significatif que, dans les deux dualité
dyade
duality
dualidad
dualidade
dois
two
deux
textes, les prophètes discutent avec un ange (IV Esdras : Uriel). A un moment donné, ils oublient qu’ils se trouvent devant un ange, et lui donnent l’appellation de Dieu Gott
Dieu
Deus
God
Dios
theos
.

Dans II Baruch, le texte syrien porte porte
porta
puerta
gate
door
rm’il, exactement comme IV Esdras 4,36. La version latine de IV Esdras donne les noms suivants :

2 mss. : Uriel (1 ms. : Oriel)
3 mss. : Remihel (Remiel)
1 ms. : Hieremihel (p. 42 Violet 1910)
1 ms. : aucun nom propre.

La leçon Uriel est une lectio facilior, mais impossible dans le contexte. Hieremihel provient vraisemblablement de Remihel, par assimilation avec Ieremeêl de Jérémie 36(43),26. Les versions géorgiennes donnent Eremi et Uriel, l’éthiopienne ’Iyarûmiyal, l’arabe Uriel. Le nom reparaît dans la famille cp des Oracula Sibyllina II 214-19 : « Lorsque les messagers incorruptibles du Dieu immortel arriveront, Héromiel, Uriel, Saniel et Azaël, eux qui savent combien de fautes commit chaque homme Mensch
homme
être humain
ser humano
human being
homem
hombre
the man
anthropos
hommes
humanité
humanity
état humain
estado humano
human state
autrefois, ils conduiront toutes les âmes des hommes hors des profondes ténèbres tenèbre
ténèbres
nuit
trevas
escuridão
darkness
noite
night
noche
pour le jugement devant le tribunal du Dieu immortel et grand ». Le nom apparaît encore dans une apocalypse révélation
revelatio
apocalypse
apocalypsis
ἀποκάλυψις
Shruti
copte inconnue sous la forme forme
eidos
eîdos
aspecto
perfil
aspect
HREMIÊL, peut-être une déformation de EREMIÊL. Il est extrêmement frappant que cet ange Erémiel exhorte le visionnaire à ne pas le prendre pour Dieu lui-même : « Fais attention attention
atenção
atención
vigilance
vigilância
, ne me prie pas, je ne suis pas le Seigneur Shiva
Śiva
le Seigneur
, le Tout Ganze
Ganzheit
Ganzsein
Ganzseinkönnen 
le tout
totalité
être-tout
pouvoir-être-tout
intégralité
entièreté
o todo
totalidade
ser-todo
ser-um-todo
nikhila
totality
-Puissant (pantokrator), mais je suis le grand ange Erémiel, celui qui est préposé à l’abîme et aux enfers, celui dans les mains duquel sont enfermées toutes les âmes depuis la fin Ende
la fin
o final
o fim
el fin
finalité
finalidade
finalidad
the end
the goal
purpose
propósito
telos
télos
meta
du déluge jusqu’à ce jour ». Cet ange préposé à la garde des défunts remplit les mêmes fonctions qu’Uriel dans certaines parties de l’Hénoch éthiopien. Enfin, dans II Baruch, Remiel assume les mêmes fonctions extraordinaires que les sources juives attribuent à Michel ou à Gabriel.

Selon P. Bogaert, le nom Remiel dérive de la racine RHM-, dont le dérivé immédiat serait Yerahmeel. On retrouve celui-ci dans la forme Ieremeêl qui apparaît dans I Chron. (2,25-27.33.42) et chez Jérémie 36(43),26. Les leçons Hieremihel, ’Iyrûmiyal, Eremi dans les diverses versions de IV Esdras, ainsi que la leçon Eroumiel des Oracles Sibyllins et celle d’Eremiel dans l’apocalypse copte, sont très proches du dérivé Yerahmeel. Enfin, le nom Yeremiel apparaît aussi dans un autre texte copte cité par P. Bogaert.

Il est probable — comme le croit P. Bogaert — que les anges Uriel et (Ye)remiel ne sont que les « personnifications célestes » des prophètes Jérémie et Uriyahu. Mais ce qui nous paraît significatif, c’est que les apocryphes IV Esdras et II Baruch, ainsi que l’apocalypse copte inconnue, laissent entendre verstehen
entendre
comprendre
entender
compreender
comprender
understand
que les visionnaires ont tendance tendance
tendência
tendency
qualité
qualidade
calidad
quality
attribut
atributo
atribute
guna
gunas
à prendre pour Dieu lui-même les deux grands anges Uriel et Yeremiel.

Tout cela fait croire croyance
croire
crença
crer
belief
believe
que, si l’épisode de Métatron représente vraiment une addition tardive à l’histoire Geschichte
histoire
história
geschichtlich
historial
Geschichtlichkeit
historicité
historialité
Geschehen
aventure
provenir
geshehen
avoir lieu
se produire
advenir
advir
karman
de l’entrée des quatre quatre
quaternité
quaternidade
cuatro
cuaternidad
four
quaternity
fourfoldness
au pardes, l’idée idea
idée
ideia
idea
ιδεα
idéa
qu’un grand ange du Seigneur aurait pu être pris, par les visionnaires, pour le Seigneur lui-même, n’était pas postérieure au Ier siècle ap. J.-C. A la documentation déjà présentée ci-dessus, on pourrait en effet ajouter un épisode appartenant à l’Ascension ascensão
ascension
anabasis
d’Isaïe, un écrit d’origine Anfang
origine
começo
início
comienzo
origem
arche
Anfängnis
começar
iniciar
fort probablement juive qui nous est parvenu dans une rédaction chrétienne, composé, fort probablement, entre 70-135 après J.-C.79. Arrivé au deuxième ciel ciel
cieux
céu
céus
heaven
heavens
cielo
cielos
ouranos
Khien
Thien
, Isaïe veut adorer l’ange glorieux assis sur le trône. Or, comme I. Gruenwald l’a observé le premier, les anges juifs ne peuvent pas s’asseoir, puisqu’ils n’ont pas d’articulations : « the angels have no joints ». Il est normal qu’Isaïe prenne l’ange assis, espèce d’Hénoch-Métatron, pour Dieu. L’ange-accompagnateur de le dissuader : « Et je tombai sur ma face, afin de l’adorer, et l’ange qui me conduisait ne me le permit pas, mais il me dit : " N’adore ni trône ni ange qui soient des six cieux — d’où j’ai été envoyé pour te conduire -, mais seulement (celui) que je te dirai dans le septième ciel. Car au-dessus de tous les cieux et de leurs anges sont placés ton trône, tes vêtements et ta couronne, que tu dois voir " ». Une scène similaire se déroule au sixième ciel, les versions latines et éthiopienne étant encore une fois concordantes : « Et je dis à l’ange qui me conduisait : " Qu’est-ce que je vois, mon Seigneur ? " Et il me dit : " Je ne suis pas ton Seigneur, mais je suis ton compagnon » .


Voir en ligne : Ioan Couliano

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