Philosophia Perennis

Accueil > Ésotérisme occidental > Walker : Théorie générale de la magie naturelle

La magie espirituel et angélique

Walker : Théorie générale de la magie naturelle

Daniel Pickering Walker

mardi 5 août 2014

Extrait de « La magie espirituel et angélique ». Trad. Marc Rolland.

Dans le reste de ce livre, je traiterai de plusieurs sortes de magies et de théories magiques ainsi que de divers arguments pour ou contre. Je m’efforcerai de retracer l’histoire d’une tradition de magie néo-platonicienne, dont Ficin est l’exemple, de ses liens avec d’autres types de magies et avec d’autres activités du même ordre, et des réactions défavorables qu’elle provoqua. Je me contenterai de discuter d’un très petit nombre d’ouvrages parmi la vaste littérature qui traite de la magie, j’espère qu’ils suffiront à montrer les principaux traits de cette histoire.

Cette tradition, telle que Ficin la laissa, comprenait deux sortes de magies, la magie naturelle, spirituelle du De V.C.C., et la magie démoniaque, à laquelle cet ouvrage ne fait qu’allusion mais qu’il est facile de découvrir dans ses autres écrits. La tradition avait donc des chances de se développer en des directions divergentes, ce qu’elle fit. La magie démoniaque, se combinant avec la magie planétaire du Moyen Age, conduisit à la magie ouvertement démoniaque, d’une inorthodoxie téméraire, celle d’Agrippa et de Paracelse. La magie spirituelle tendit à se fondre dans autre chose : la musique et la poésie, comme chez La Boderie ; le christianisme orthodoxe de Giorgi ; le christianisme non orthodoxe de Persio. A la fin du XVIe siècle les deux branches de la tradition se retrouvent dans l’art oratoire planétaire de Paolini et dans la magie pratiquée par Campanella.

Du fait que la structure logique des théories sur la magie, telle qu’elle est présentée dans les écrits du xvie siècle, est à la fois lâche et obscure, je veux ici proposer un schéma qui conviendra aux théories que nous allons étudier ; j’espère qu’il aidera à éclaircir la relation entre les divers sujets abordés dans la plupart des écrits sur la magie.

Les activités désignées sous le nom de magie naturelle avaient toutes une forte tendance à ne plus pouvoir se distinguer de quelque autre activité ayant reçu une autre appellation, plus adéquate ; la magie était toujours sur le point de devenir un art, une science, de la psychologie pratique ou encore et surtout une religion. Je ne parle pas ici d’un emploi vague ou élargi du terme — magia naturalis était parfois l’équivalent exact de la philosophia naturalis, comme, par exemple, la plus grande partie de la magie de Porta — mais d’un véritable empiétement des domaines de toutes ces activités, empiétement qui rendait la position du concept de magie naturelle très instable et qui eut finalement pour résultat sa disparition. Je m’efforcerai d’expliquer la façon dont la magie se confond avec ces autres activités à l’aide du diagramme ci-après, qui est destiné à indiquer la relation entre les thèmes principaux de la théorie de la magie naturelle.

L’influence planétaire peut s’exercer directement sur l’imagination de l’opérant, ou indirectement à travers une ou toutes les forces. Les effets peuvent être produits par n’importe laquelle des forces ou leurs subdivisions, ou par une quelconque de leurs combinaisons ; mais la vis imaginativa est presque toujours présente, car elle est la force centrale, fondamentale, et les autres ne sont habituellement utilisées que comme supports pour en accroître l’effet ou comme moyens de la communiquer.

Le moyen de transmission le plus courant dans tout le processus est l’esprit, cosmique et humain. Les effets peuvent se produire sur un être animé, ou inanimé (ou directement sur le corps) ; les planètes, considérées tantôt comme animées, tantôt comme inanimées (c’est-à-dire seulement leur corps), peuvent causer un effet de ricochet, choc en retour sur l’esprit et l’imagination de l’opérant. Sur un être animé, l’effet peut être soit subjectif (se cantonnant dans le ou les opérants), soit transitif (dirigé vers une ou d’autres personnes) ; dans les deux cas, il peut être, ou bien purement psychologique, restant à l’intérieur de l’imagination ou de l’âme, où psychosomatique, affectant le corps à travers l’imagination.


Voir en ligne : MAGIE