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La Charité profanée

Borella : Animus

La tripartition anthropologique

lundi 1er décembre 2014

honnêteté
honestidade
honesty
honneur
honra
honradez
honor
honour
retitude
retidão

Si nous représentons le psychisme par l’eau eau
água
water
hydro
, on pourra figurer la conscience Gewissen
conscience
consciência
conciencia
consciencia
Bewusstsein
Bewußtsein
consciencidade
consciousness
conscient
purusârtha
samvid
bodha
cit
chit
pensante comme une lumière Licht
lumière
luz
light
phos
prakāśa
prakasha
reflétée dans l’eau et la pénétrant, au moins jusqu’à un certain degré de profondeur. Cette image image
imagem
imagen
imaginação
imagination
kalpanā
a le mérite de montrer que la pensée denken
pensar
penser
think
pensamento
pensée
pensamiento
thinking
est immanente au psychisme, et cependant qu’elle s’en distingue puisqu’elle n’est pas de l’eau. Cette lumière psychique nous semble correspondre au terme latin : animus, et nous l’appellerons : âme âme
psyche
psukhê
alma
soul
atman
ātman
atmâ
âtmâ
mentale. R. Guénon Guénon René Guénon (1886-1951), penseur et auteur français défenseur de la Tradition primordial. a souligné que le mot Wort
mot
palavra
palabra
word
Worte
rema
parole
mot
mots
vāk
vāc
mental esprit
espírito
spirit
mente
mind
manas
mental
(du latin mens) comprend la racine indo-européenne men ou man, qui désigne l’homme Mensch
homme
être humain
ser humano
human being
homem
hombre
the man
anthropos
hommes
humanité
humanity
état humain
estado humano
human state
. En effet, la conscience mentale caractérise l’homme comme tel, et le distingue de tous les autres êtres.

Il n’est pas aisé de définir l’âme mentale. Il s’agit de la modalité cognitive du psychisme. Nous utiliserons, pour la décrire, l’image du miroir miroir
espelho
espejo
glass
reflexo
reflexão
reflex
refléxion
, car la nature nature
physis
phusis
phúsis
natura
natureza
naturaleza
spécifique de cette connaissance connaissance
gnosis
intuition intellectuelle
gnôsis
connaître
conhecer
gnose
knowledge
know
conocer
conocimiento
conhecimento
jñāna
jnāna
jnana
nous paraît être son caractère indirect. Le mental « réfléchit » ce qu’il connaît, ou encore, connaître, pour lui, c’est réfléchir son objet sujet
objet
sujeito
objeto
subject
object
Subjekt
Objekt
de connaissance. Le mental (ou la pensée) ne pénètre pas l’objet dans son essence essence
ousía
ousia
essência
essentia
esencia
essence
propre, mais c’est bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
plutôt l’objet qui « pénètre » en lui, non en tant que tel, mais comme une abstraction. L’objet « informe » l’âme cognitive, mais, en recevant en elle cette information Information
information
informação
información
Informationen
informações
informations
informaciones
, l’âme la revêt de sa propre nature subtile. Entendons-nous bien : ce qui est connu, ce n’est pas l’abstraction, c’est l’objet ; mais cet objet est connu par mode d’abstraction. Si l’on veut, le mental est le « milieu de réfraction » que traverse l’objet pour être connu.

La connaissance s’effectue donc par « impression expérience
aisthesis
experiência
sensação
impressão
impression
impresión
sensación
sensation
sentience
vāsanā
mentale » ; le mental est le miroir réfléchissant du monde Welt
Weltlichkeit
monde
mondanéité
mundo
mundidade
mundanidade
worldliness
mundanidad
Olam hazé
dṛśyam
. Ainsi que nous l’avions déjà observé à propos de la culture, ce caractère indirect ou réfléchissant de la connaissance humaine introduit entre l’homme et le monde ce que Ruyer appelle une « distance psychique » [1] qui fonde la possibilité possibilité
potentialité
Toute-Possibilité
pouvoir
poder
power
du symbole symbolon
symbolisme
symboles
symbole
simbolismo
símbolo
símbolos
symbol
symbolism
symbols
. L’intelligible intelligible
intelligibles
noeton
kosmos noetos
inteligível
inteligíveis
inteligible
inteligibles
, ou plutôt, à ce niveau, faudrait-il dire le conceptible, n’existe pas seulement dans les choses, mais aussi en quelque sorte, « en lui-même », grâce à la connaissance humaine, dont on peut dire, d’une certaine manière, qu’elle actualise, à l’état séparé, la modalité intelligible des choses. Il ne s’agit pas seulement de « penser quelque chose », mais de penser à quelque chose, ou sur quelque chose. Cette possibilité du symbole se réalise essentiellement dans le langage Sprache
língua
langue
lengua
linguagem
language
langage
lenguaje
, qui ne consiste pas principalement à exprimer quelque chose, ce que fait l’animal Tier
animal
zoon
Tierheit
animalidade
, mais à parler de quelque chose, ce dont aucun animal n’est capable [2]. Et, puisque parler de quelque chose, c’est parler de quelque chose qui est « absent » et que, pour cette raison, on représente, on voit que la connaissance mentale implique non seulement la pensée conceptuelle, mais encore la mémoire mnemosyne
memória
mémoire
memory
et l’imagination, fonction Funktion
fonction
função
function
función
de l’absence dans le temps Zeit
le temps
o tempo
the time
el tiempo
chronos
kala
et dans l’espace Raum
Räumlichkeit
räumlich
espace
espacialité
espaço
espacialidade
espacial
espacio
espacialidad
space
spaciality
spatial
. Tout cela, c’est animus.


Voir en ligne : Jean Borella


[1Cf. R. Ruyer, L’Animal, l’Homme et la Fonction symbolique, Gallimard, 1964.

[2Op. cit., p. 95. Toutes les discussions sur le langage animal repose soit sur un malentendu, soit sur le désir d’étonner les ignorants.

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