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Les Idées Éthiques, Sociales et Politiques de Paracelse

Fussler : L’origine et la provenance de l’homme selon Paracelse

Jean-Pierre Fussler

mardi 9 décembre 2014, par Murilo Cardoso de Castro

Extrait de « Les Idées Éthiques, Sociales et Politiques de Paracelse », de Jean-Pierre Fussler

L’homme est d’abord, pour Paracelse, un être naturel. Il a un corps qui le lie à la terre et le rend périssable. Ce corps fait de chair et de sang constitue la part « animale » de son être. Il a été formé par Dieu à partir du « limbe » (« aus dem limbo »). Ce « limbe » est la matière originelle, le ciel et la terre, la terre comme matière « première » de l’homme, qui est à la base de l’existence corporelle, cette dernière pouvant être désignée aussi par ce terme. Il marque donc l’origine matériellement et biologiquement déterminée de l’homme, à laquelle ce dernier ne peut échapper. Paracelse souligne toujours fortement cette détermination. Lorsqu’il écrit, notamment dans la Philosophia sagax, que le limon de la terre (« limus terrae », en référence à Genèse 2, 7) est la matière de l’homme, il veut signifier la même idée . Mais l’expression désigne « simplement la matière, sans la corporéité qui est associée à l’idée de limbe ». L’homme, être vivant, renferme dans ce corps un « esprit vital », force une qui rend possible l’accomplissement de ce que la vie exige. La matière dont il est fait est composée des quatre éléments : terre, eau, air, feu, à la base desquels se trouvent trois principes : le soufre, le sel et le mercure. Chez l’homme, ils ont été transformés en chair et en sang, « l’homme est... reflet des quatre éléments » que la philosophie doit connaître. Il a aussi, outre ce « corps élémentaire », un « corps sidéral » qui vient de l’astrum (ou gestirn) qui est la réalité invisible des astres, réalité spirituelle que Dieu nous a donnée à tous les nivaux : vie végétative, vie consciente. L’homme intérieur en ce sens n’est cependant pas encore l’homme éternel, car ce deuxième corps est mortel comme le premier. L’homme est donc à la fois du ciel et de la terre : « toutes les qualités du monde, l’homme les a en lui ». C’est pourquoi Paracelse aime dire — reprenant une formulation traditionnelle — que l’homme est « microcosme » (kleine Welt, microcos-mus), fils du « macrocosme » dont il est extrait et qu’il contient ou condense en lui . Citons un texte explicitant cette idée :

« l’homme est le petit monde, semblable au grand, non pas dans sa configuration et dans sa substance matérielle, mais dans toutes les forces et dans les vertus qu’il possède. On lui donne aussi le noble nom de microcosme, pour autant qu’il contient tous les phénomènes célestes, la nature terrestre, les propriétés aquatiques et les caractères aériens. Il contient la nature de tous les fruits de la terre, de tous les minerais de l’eau, toutes les constellations et les quatre vents du monde. Il n’y a sur terre rien dont la nature et le pouvoir ne soient aussi en l’homme. Voilà la noblesse, la subtilité, la vivacité du limbe duquel Dieu a crée l’homme à son image ».


Voir en ligne : Paracelso