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Les Idées Éthiques, Sociales et Politiques de Paracelse

Fussler : L’origine et la provenance de l’homme selon Paracelse

Jean-Pierre Fussler

mardi 9 décembre 2014

Extrait de « Les Idées Éthiques, Sociales et Politiques de Paracelse », de Jean-Pierre Fussler

La souffrance lui fait prendre conscience du caractère précaire de son existence, de sa fragilité. Elle l’invite à penser à lui-même « en réfléchissant sur son origine ». Mais penser, ici, c’est penser à partir du monde et saisir notre finitude au regard de la puissance de Dieu qui nous dépasse. Parce que l’homme « est lui-même nature, nature souffrante », il doit comprendre l’artifice de l’orgueil, passion humaine que peut stimuler une société contre-nature. Ses besoins à satisfaire lui rappellent également son origine :

« Pourquoi l’homme désire-t-il manger, sinon parce qu’il est issu de la terre ? Pourquoi désire-t-il boire, sinon parce qu’il est issu des eaux ? Il respire parce qu’il est né de l’air et il a besoin de chaleur, parce qu’il est une créature du feu ».

C’est pourquoi Paracelse le définit comme être de besoins ; et dans la rencontre entre l’être humain et la nature « éclate la vanité de toute tentative d’ériger l’homme en mesure des choses ». L’homme devient orgueilleux lorsqu’il essaie de se cacher cette finitude essentielle de son existence. La présence de la nature est invitation à refuser le culte trop humain de la volonté absolument libre.

Mais notre auteur souligne aussi que « l’homme est plus qu’un animal ». Il a une âme (Seele) . Elle est ce qui, en lui, dépasse la chair et la nature, la part éternelle de lui-même qui le rend semblable à Dieu . Marque de sa provenance divine, elle assigne à son existence sa fin : l’âme sans Dieu n’est rien . « Ce n’est pas pour le corps que l’homme est créé, mais pour l’âme » . Paracelse écrit que le corps est là « pour être serviteur de l’âme, et l’âme le dépasse », que « le corps doit être soumis à l’âme, et (que) l’âme doit gouverner le corps et non le corps l’âme ». L’âme peut contenir la sagesse qui doit gouverner notre nature animale . Les dix commandements sont donnés à l’homme pour qu’il impose à sa nature la mesure divine car ce qui est éternel doit gouverner l’éphémère . C’est dire qu’il est responsable de ce qu’il fait et ne fait pas pour être fidèle à sa destination :

« et si l’homme disait : « ainsi le veut ma nature en moi », il n’en serait pas pour autant excusé, car il doit être maître de cette nature ».


Voir en ligne : Paracelso