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Les Idées Éthiques, Sociales et Politiques de Paracelse

Fussler : L’origine et la provenance de l’homme selon Paracelse

Jean-Pierre Fussler

mardi 9 décembre 2014

Extrait de « Les Idées Éthiques, Sociales et Politiques de Paracelse », de Jean-Pierre Fussler

Le rapport de l’âme au corps laisse donc ouverte la possibilité de l’action morale par laquelle l’homme est appelé à s’accomplir en accomplissant la volonté de Dieu. Mais la détermination de cette possibilité comme « devoir » révèle ici également à l’homme sa finitude, car elle subordonne son accomplissement à son intégration dans un ordre qui le dépasse et dont l’impératif s’impose à lui comme tâche inconditionnelle. La réalisation de l’ordre voulu par Dieu présuppose une transmutation intérieure par laquelle la provenance de l’homme qui définit son essence se subordonne l’origine. Mais c’est la pensée de cette origine qui nous prépare à récuser notre volonté naturelle comme centre de référence. Ce qui est une autre manière de dire que la lumière naturelle que Dieu allume ne contredit pas celle de l’Esprit-Saint qui nous ouvre le chemin de l’éternité. Mais la seconde nous révèle en dernière instance l’impératif vrai et nous renvoie, par-delà la nature dont nous faisons partie, à la puissance indicible de Dieu. Paracelse n’oppose donc pas le corps et l’âme, il veut penser leur unité et celle-ci, d’un point de vue métaphysique, est constitutive de celle qui réunit le naturel et le divin . L’unité entre la nature et Dieu constitue, pour Paracelse, un processus dont l’homme peut être le lieu privilégié. Précisons : l’homme avec les autres, en société, car c’est là qu’il peut tout à la fois avoir conscience de lui-même comme être de besoins et incarner l’impératif qui doit déterminer ses rapports à autrui. La pensée socio-politique apparaît donc à nouveau structurellement nécessaire dans la vision de notre auteur ; il ne s’agit pas d’un intérêt circonstanciel, la réalité de l’époque a bien plutôt joué le rôle d’une cause occasionnelle. L’homme déploie son essence dans la vie sociale par le respect de sa provenance et la pensée de celle-ci, et l’accomplissement de sa destination. La société est bien un lieu où le divin peut se révéler. Elle est, pour l’homme, l’occasion de se transformer et de s’élever, bref d’être en Dieu par la transmutation alchimique intérieure qui constitue son essentielle possibilité. L’homme devient ce vers quoi il se tourne ; mais il faut ajouter qu’il reste toujours homme. Ainsi la réalisation de l’ordre voulu par Dieu s’inscrit dans un panenthéisme éthique ouvert, Paracelse soulignant à la fois, par la réduction du dualisme, la distance et la proximité du divin.


Voir en ligne : Paracelso