Philosophia Perennis

Accueil > Tradition chinoise > Productions et transformations

Productions et transformations

dimanche 16 novembre 2008

A. — Lie-Tzeu habitait un cottage, dans la principauté de Tcheng, depuis quarante ans, sans que personne prît garde à lui ; sans que le prince, ses ministres et ses officiers, vissent en lui autre chose qu’un homme vulgaire. La famine étant venue à sévir dans le pays, il se disposa à émigrer dans celui de Wei. Ses disciples lui dirent : Maître, vous allez partir, sans qu’on puisse savoir si et quand vous reviendrez. Veuillez nous enseigner, avant votre départ, ce que vous avez appris de votre maître Linn de Hou-k’iou. — Lie-Tzeu sourit et dit : Ce que j’ai appris de mon maître ?... Quand il enseignait Pai-hounn-ou-jenn, j’ai saisi quelque chose, que je vais essayer de vous rapporter. Il disait qu’il y a un producteur qui n’a pas été produit, un transformateur qui n’est pas transformé. Ce non-produit a produit tous les êtres, ce non-transformé transforme tous les êtres. Depuis le commencement de la production, le producteur ne peut plus ne pas produire ; depuis le commencement des transformations, le transformateur ne peut plus ne pas transformer. La chaîne des productions et des transformations est donc ininterrompue, le producteur et le transformateur produisant et transformant sans cesse. Le producteur, c’est le yinn-yang (le Principe sous sa double modalité alternante) ; le transformateur, c’est le cycle, des quatre saisons (révolution du binôme ciel-terre). Le producteur est immobile, le transformateur va et vient. Et le mobile, et l’immobile, dureront toujours.

Lie-Tzeu, I.


Voir en ligne : Les pères du système taoïste

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.