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Platon : Le sage devant les embarras de la vie corporelle.

samedi 16 mai 2009

honnêteté
honestidade
honesty
honneur
honra
honradez
honor
honour
retitude
retidão

Sa faim de posséder posséder
avoir
possuir
ter
possess
posuir
la vérité aletheia
alêtheia
veritas
vérité
truth
verdad
verdade
Wahrheit
(et le pressentiment extraordinaire qui en résulte)

« Il se peut bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
qu’il existe une sorte de sentier qui nous conduise, si dans la recherche Untersuchen
rechercher
recherche
investigar
investigação
investigación
investigation
anvīksikī
anviksiki
anvesanā
observation
examen
nous accompagne cette pensée denken
pensar
penser
think
pensamento
pensée
pensamiento
thinking
 : aussi longtemps nous aurons notre corps Körper
corpo
corps
cuerpo
body
Deha
, aussi longtemps notre âme âme
psyche
psukhê
alma
soul
atman
ātman
atmâ
âtmâ
sera pétrie avec pareille malfaisance, jamais nous ne posséderons comme il faut l’objet sujet
objet
sujeito
objeto
subject
object
Subjekt
Objekt
que nous désirons ; et nous déclarons que c’est la vérité.

Le corps, en effet, occupe de mille façons notre activité Yin
Yang
passivité
activité
passif
actif
à propos de l’obligation de l’entretenir ; sans compter que si des maladies surviennent, elles sont des entraves à notre chasse au réel Bestand
Grundbestand
Realität 
réalité
realité fondamentale
réalité subsistante
real
réel
realidad
realidade
reality
. D’un autre côté voici des amours, des désirs, des craintes, des simulacres de toute sorte, des billevesées sans nombre Zahl
nombre
número
number
nombres
números
numbers
 : de tout cela il nous emplit si bien que, à parler franchement, il ne fait naître en nous la pensée réelle de rien. En effet, guerres, dissensions, batailles, rien d’autre ne nous vaut tout cela que le corps et ses désirs ; car c’est à cause causa
cause
aitia
aitía
aition
de la possession des richesses que se produisent toutes les guerres, et, si nous sommes obligés de posséder des richesses, c’est à cause du corps, esclaves prêts à le servir !

C’est de lui encore que, à cause de tout cela, procède notre paresse lâcheté
faiblesse
pusillanimité
couardise
paresse
bassesse
indignité
pusilanimidade
covardia
indignidade
à philosopher ; mais ce qui est le comble absolument, nous arrive-t-il même d’avoir, de sa part, quelque répit et de nous tourner vers l’examen réfléchi de quelque question Frage
fragen
question
questão
questionner
questionar
pergunta
perguntar
pregunta
preguntar
, alors tombant à son tour inopinément en plein dans nos recherches, il y produit tumulte et perturbation, nous étourdissant au point de nous rendre incapables d’apercevoir le vrai. Eh bien ! c’est au contraire pour nous chose prouvée que, si nous devons jamais avoir une pure connaissance connaissance
gnosis
intuition intellectuelle
gnôsis
connaître
conhecer
gnose
knowledge
know
conocer
conocimiento
conhecimento
jñāna
jnāna
jnana
de quoi que ce soit, il faut nous séparer de lui, et avec l’âme en elle-même, contempler les choses en elles-mêmes. C’est à ce moment, semble-t-il, que nous appartiendra ce que nous désirons, ce dont nous déclarons être amoureux : la pensée, c’est-à-dire, tel est le sens signification
significação
sentido
sens
meaning
raison d'être
de l’argument, quand nous aurons trépassé, mais non quand nous vivons !

S’il n’est pas possible, en effet, de rien connaître de façon pure, avec le concours du corps, de deux dualité
dyade
duality
dualidad
dualidade
dois
two
deux
choses l’une : ou bien d’aucune manière il ne nous est possible d’acquérir la connaissance, ou bien ce l’est pour nous une fois trépassés ; car c’est alors que l’âme existera en elle-même et par elle-même, à part du corps, mais non point auparavant !

En outre, pendant que nous vivons, le moyen, semble-t-il, d’être le plus près de la connaissance, c’est d’avoir le moins possible commerce avec le corps, pas davantage de nous associer à lui à moins de radicale nécessité Notwendigkeit
nécessité
necessidade
necesidad
necessity
besoin
need
ananke
, pas davantage de nous laisser contaminer par la nature nature
physis
phusis
phúsis
natura
natureza
naturaleza
de celui-ci, mais au contraire de nous en purifier, jusqu’au jour où la Divinité divin
divinité
divino
divindade
divindad
divine
divinity
Godhead
en personne Einzelnhet
singularité
singularidade
singularity
singularidad
individuality
individualidade
individualidad
individuation
individuação
individu
indivíduo
individuum
individual
vereinzelt
isolé
Vereinzeltung
isolement
Vereinzelung
esseulement
singularização
créature
criatura
creature
personne
pessoa
person
nous aura déliés. Ainsi nous voilà purs, séparés de la folie du corps, appelés alors, — c’est probable — à être en société avec des réalités analogues, et c’est par nous tout seuls que nous connaîtrons ce-qui-est-sans-mélange... Voilà, je crois, quelle sorte de langage Sprache
língua
langue
lengua
linguagem
language
langage
lenguaje
tiendraient entre eux nécessairement les amis-du-savoir Wissen
saber
savoir
, au sens droit du terme, quelle serait nécessairement leur croyance croyance
croire
crença
crer
belief
believe
. Ne penses-tu pas de même ? »

Platon, (Socrate Socrate
Sokrates
Sócrates
Socrates
Socrate (en grec Σωκράτης Sōkrátēs), philosophe de la Grèce antique (Ve siècle av. J.-C.)
), Phédon, 66-67b.


Voir en ligne : PHÉDON