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L’interrogation ou la question suprême

samedi 16 mai 2009

Isaïe, 40,18-22 (le Prophète sémite s’exprime en poète-philosophe, comme Parménide)

« D’après qui pourriez-vous imaginer Dieu ? (l’objet véritable de la question !)
et quelle image pourriez-vous en offrir ?
Un fondeur coule la statue. (les analogies, avec le danger qu’elle comporte de substituer au vrai Dieu les « images » idolâtriques...)
Un orfèvre la recouvre d’or
et fond des chaînes d’argent.
Un sculpteur habile lui cherche
du palmier précieux
choisit du bois qui ne pourrit pas
pour fabriquer une statue solide.
Ne le saviez-vous pas ? (appel à la « connaissance » et à la tradition)
Ne l’aviez-vous pas entendu dire ?
Ne vous l’avait-on pas révélé depuis l’origine ?
N’avez-vous pas compris la fondation de la terre ?
Il habite au-dessus du cercle de la terre,
dont les habitants paraissent comme des sauterelles. »

L’origine, c’est en réalité et à la lettre la « tête ». Le penseur parcourt le monde, des pieds à la tête, en remontant vers le principal. Cette question du principe n’est pas le fait ni des Sémites, ni des Grecs comme tels ; c’est une question humaine, posée à tous. Quelle que soit la source d’où éventuellement l’homme tienne la réponse et détienne sa certitude, c’est toujours « de la terre » qu’on s’inquiète de trouver le « fondement », — le fondateur, l’hypothèse foncière, même si une représentation spontanée incline à voir les choses sur le plan horizontal de l’origine historique, comme à se figurer la demeure du Très-Haut, verticalement « au-dessus du cercle de la terre ».

Saint Paul de Tarse

« Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la « philosophie » selon la tradition des humains, selon les éléments du monde (stoikeia tou kosmon) — et non selon le Christ. Car en lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité, et vous vous trouvez en lui associés à sa plénitude. Saint Paul, Colossiens 2, 8-9.

« Paul sentait brûler en lui l’indignation au spectacle de cette ville (Athènes) remplie d’idoles. Il s’entretenait donc à la synagogue avec les Juifs et ceux qui adoraient Dieu, — et sur l’agora, tous les jours, avec les passants. Il y avait même des philosophes — stoïciens — épicuriens, — qui l’abordaient. Les uns disaient : Que peut bien vouloir dire ce perroquet ? D’autres : On dirait un prêtre de divinités étrangères, — parce qu’il annonçait Jésus et la Résurrection.

Ils le prirent alors avec eux et l’emmenèrent devant l’Aréopage en disant : « Pourrions-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine que tu enseignes ? Car ce sont d’étranges propos que tu nous fais entendre. Nous voudrions donc savoir ce que cela veut dire. » Tous les Athéniens, en effet, et les étrangers qui résidaient parmi eux n’avaient d’autre passe-temps que de dire ou écouter les dernières nouveautés.

Debout, au milieu de l’Aréopage, Paul dit alors : « Athéniens, à tous égards, vous êtes, je le vois, les plus religieux des hommes. Parcourant en effet votre ville et considérant vos monuments sacrés, j’ai trouvé jusqu’à un autel avec l’inscription : Au Dieu inconnu. Eh bien ! ce que vous adorez sans le connaître, je viens, moi, vous l’annoncer. » Actes des Apôtres, 17, 16 ss.

Où est-il le raisonneur d’ici-bas ? Dieu n’a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde ? Puisqu’en effet, dans la sagesse de Dieu, le monde n’a pas reconnu Dieu par la sagesse (sophia), Dieu a trouvé bon de sauver par la folie du message les croyants. Saint-Paul, 1 Cor., 1, 20.

Florent Gaboriau, L’entrée en métaphysique. Casterman, 1962.


Voir en ligne : Martin Heidegger et ses références

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