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Dyczkowski : Consciousness and Generation

dimanche 11 mars 2018

honnêteté
honestidade
honesty
honneur
honra
honradez
honor
honour
retitude
retidão

Français

Alors que le shivaïte cachemirien admet que le monde Welt
Weltlichkeit
monde
mondanéité
mundo
mundidade
mundanidade
worldliness
mundanidad
Olam hazé
dṛśyam
est la seule conscience Gewissen
conscience
consciência
conciencia
consciencia
Bewusstsein
Bewußtsein
consciencidade
consciousness
conscient
purusârtha
samvid
bodha
cit
chit
pure, il soutient qu’elle est telle parce qu’elle est une création Création
Criação
criação
creation
creación
réelle de la conscience. L’effet est essentiellement identique à la cause causa
cause
aitia
aitía
aition
et partage dans sa réalité Bestand
Grundbestand
Realität 
réalité
realité fondamentale
réalité subsistante
real
réel
realidad
realidade
reality
. La matière matière
matéria
matter
ύλη
hyle
material
matériel
materialidade
matérialité
materiality
materialidad
et l’univers Univers
Universo
Universe
entier sont absolument réels, comme des formes de conscience « figées » (styāna) ou « contractées » (saṃkucita vorstellen
représenter
representar
Vorstellung
représentation
representação
representation
representación
saṃkucita
). "Ce Dieu Gott
Dieu
Deus
God
Dios
theos
de la conscience", écrit Kṣemaraja, "engendre l’univers et sa forme forme
eidos
eîdos
aspecto
perfil
aspect
est une condensation de Sa propre essence essence
ousía
ousia
essência
essentia
esencia
essence
(rasa rasa
saveur
sabor
taste
flavor
parfum
perfume
)." En faisant bouillir le jus amrita
amrit
nectar
ambroisie
boisson
néctar
ambrosia
bebida
jus
élixir
elixir
de canne à sucre, il se transforme en mélasse, sucre brun et bonbon. De même, la conscience demeure inchangée même si elle assume la forme matérielle concrète des cinq éléments bruts. La même réalité réside donc également dans les formes grossières et subtiles. Par conséquent, aucun objet sujet
objet
sujeito
objeto
subject
object
Subjekt
Objekt
n’est totalement insensible. Même les pierres portent une trace (vāsanā expérience
aisthesis
experiência
sensação
impressão
impression
impresión
sensación
sensation
sentience
vāsanā
) de la conscience, bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
qu’elle ne soit pas clairement apparente parce qu’elle n’est pas associée au souffle pneuma
πνεῦμα
souffle
sopro
breath
prāna
prāṇa
prana
Vayu
vital (prāna) et aux autres composantes d’un organisme psycho-physique. Somānanda va jusqu’à affirmer que les objets physiques, loin d’être insensibles, ne peuvent exister Existenz
existence
exister
existentia
existência
existencia
bios
que dans la mesure où ils sont conscients d’eux-mêmes comme existant. Le pot remplit sa fonction Funktion
fonction
função
function
función
car il se sait être son agent. En effet, toutes les choses sont pénétrées par la conscience et ne font qu’un avec elle et partagent donc son omniscience. Ainsi, Śiva Shiva
Śiva
le Seigneur
, qui se perçoit sous la forme d’objets physiques, est la seule réalité ultime.

"Le pot le sait parce qu’il est de ma nature nature
physis
phusis
phúsis
natura
natureza
naturaleza
", écrit Somānanda, "et je le sais parce que je suis de la nature du pot. Je le sais parce que je suis de la nature de Sadāśiva et il le sait parce qu’il est de ma nature ; Yajñadatta [sait] parce qu’il est de la nature de Śiva et Śiva [connaît] parce qu’il est de la nature de Yajñadatta ".

[51] Tout dans ce sens signification
significação
sentido
sens
meaning
raison d'être
est directement perçu par la conscience absolue, et cette perception Wahrnehmung 
Vernehmen
perception
percepção
percepción
directe (pratyakṣa) unifie le connaissable en un tout unique et indivisible. C’est le concept begreifen 
concevoir
conceber
Begriff
conceito
concept
conception
concepção
concepción
central d’une doctrine doctrine
doutrina
canon
cânone
développée à l’origine Anfang
origine
começo
início
comienzo
origem
arche
Anfängnis
começar
iniciar
par Narasiṃha, appelée « non-dualisme non-dualité
não-dualidade
advaita
non-duality
non-dualidad
non-dualisme
de la perception directe » (pratyakṣādvaita). Cela indique que la conscience est essentiellement perceptive et que sa perception de toutes choses opère dans tout l’univers. Dans la mesure où les phénomènes nous sont clairement visibles (sphuṭa), tout est directement perçu par la conscience absolue, avec laquelle notre conscience individuelle est identique. Cette perception directe se déploie partout ; la seule vraie réalité, elle est seule et sans compagnon ni rivale (niḥsapatna). Même s’il reste un, il peut, par sa nature même, percevoir des distinctions (bheda différence
bheda
diferença
difference
) entre une entité et une autre, sans que cela n’engendre de division discordance
discordância
desagreement
discordancia
inharmonie
desarmonia
divisão
separação
division
séparation
división
separación
esprit-divisé
split-mind
mente-dividida
eu-separado
conflit
conflito
conflict
neikos
impureté
souillure
mala
en son sein Sein
Seyn
l’être
estre
o ser
seer
the being
be-ing
el ser
esse
sattva
sattā
.

Nous distinguons deux dualité
dyade
duality
dualidad
dualidade
dois
two
deux
entités en termes empiriques sur la base de leur exclusion mutuelle (anyonyābhāva). La distinction relative (bheda) entre eux est essentiellement la différence perçue entre leurs caractéristiques respectives. Malgré cette différence, ils sont unis dans le champ d’une cognition intellection
intelecção
intelección
cognição
cognición
cognition
mentation
unique dans la mesure où ils sont également deux apparences manifestes. Cette connaissance connaissance
gnosis
intuition intellectuelle
gnôsis
connaître
conhecer
gnose
knowledge
know
conocer
conocimiento
conhecimento
jñāna
jnāna
jnana
est l’essence indivise (rasa) ou la "nature propre" (svabhāva) des deux. Englobés par le « feu Feuer
fogo
feu
fire
pyr
Agni
têjas
tejas
de la conscience », il n’y a pas de différence essentielle entre eux. De même que lorsqu’une émeraude et un rubis reflètent la lumière Licht
lumière
luz
light
phos
prakāśa
prakasha
de l’autre, le rubis est vert-rouge et l’émeraude vert-rouge, de même tout est lié à tout le reste dans la cognition unique (vicitra) de la conscience absolue. Maheśvarānanda écrit :

L’état unique d’émotivité du Seigneur Suprême (asādhāraṇabh Abhinavagupta
Abhinava
AG
Abh
Abhinavagupta (950-1020), maître du shivaïsme du Cachemire, aussi maître en yoga, tantra, poétique, dramaturgie.
āva) est l’effusion de l’Être pur (mahāsattā). Il est manifeste comme l’éclat (sphurattā) de l’univers qui, si nous réfléchissons profondément, se réalise comme l’unique saveur (ekarasa) de l’essence de la beauté beleza
belo
beauté
beau
beauty
belleza
qui est la vibration Réverbération
réverbération
reverberação
reverberation
reverbaración
vibration
vibração
vibración
echo
eco
tremor
Spanda
de la félicité de sa propre nature.

De cette façon, toutes choses sont en réalité une, bien que divisées l’une de l’autre, partageant comme elles la « saveur unique » (ekarasa) de la vibration pure de la conscience.

Original

While the Kashmiri Śaivite agrees that the world is pure consciousness alone, he maintains that it is such because it is a real creation of consciousness. The effect is essentially identical with the cause and shares in its reality. Matter and the entire universe are absolutely real, as ‘congealed’ (styāna) or ‘contracted’ (saṃkucita) forms of consciousness. “This God of consciousness”, writes Kṣemarāja, “generates the universe and its form is a condensation of His own essence (rasa).” By boiling sugarcane juice it condenses to form treacle, brown sugar and candy which retains its sweetness. Similarly, consciousness abides unchanged even though it assumes the concrete material form of the five gross elements éléments
elementos
elements
stoicheion
stoicheia
. The same reality thus abides equally in gross and subtle forms. Consequently no object is totally insentient. Even stones bear a trace (vāsanā vasana
vāsanā
imprégnation
residu
désir latent
rémanence
) of consciousness, although it is not clearly apparent because it is not associated with the vital breath (prāna) and other components of a psycho-physical organism. Somānanda goes so far as to affirm that physical objects, far from being Seiende
Seiendes
Seienden
l'étant
étants
ente
entes
sendo
beings
being
insentient, can only exist insofar as they are aware of themselves as existing. The jar performs its function because it knows itself to be its agent. Indeed, all things are pervaded by consciousness and at one with it and hence share in its omniscience. Thus, Śiva, Who perceives Himself in the form of physical objects, is the one L'Un
hen
hén
Uno
the One
ultimate reality.

“The jar knows because it is of my nature”, writes Somānanda, “and I know it because I am of the jar’s nature. I know because I am of Sadāśiva’s nature and He knows because He is of my nature ; Yajñadatta [knows] because he is of Śiva’s nature and Śiva [knows] because He is of Yajñadatta’s nature”.

[51] Everything in this sense is directly perceived by absolute Absolu
Absoluto
Absolute
Absoluteness
Bhairava
Paramaśiva
consciousness, and this direct perception (pratyakṣa) unifies the knowable into a single, undivided whole. This is the central concept behind a doctrine originally expounded by Narasiṃha called ‘the non-dualism of direct perception’ (pratyakṣādvaita). This states that consciousness is essentially perceptive and that its perception of all things operates throughout the universe. Insofar as phenomena are clearly evident evidência
évidence
evidence
evidente
evidencia
evident
(sphuṭa) to us, everything is directly perceived by absolute consciousness, with which our individual Einzelnhet
singularité
singularidade
singularity
singularidad
individuality
individualidade
individualidad
individuation
individuação
individu
indivíduo
individuum
individual
vereinzelt
isolé
Vereinzeltung
isolement
Vereinzelung
esseulement
singularização
créature
criatura
creature
personne
pessoa
person
consciousness is identical. This direct perception unfolds everywhere ; the one true reality, it is alone and without companion or rival (niḥsapatna). Even though it remains one, it can, by its very nature, perceive distinctions (bheda) between one entity and another, without this engendering any division within it.

We distinguish between two entities in empirical terms on the basis of their mutual exclusion (anyonyābhāva). The relative distinction (bheda) between them is essentially the perceived difference between their respective characteristics. Despite this difference they are united within the purview of a single cognition insofar as they are equally both manifest appearances. This cognition is the undivided essence (rasa) or ‘own nature’ (svabhāva) of both. Encompassed by the ‘fire of consciousness’, there is no essential difference between them. Just as when an emerald and ruby reflect each other’s light, the ruby is reddish-green and the emerald greenish-red, similarly everything is connected with everything else as part of the single variegated (vicitra) cognition of absolute consciousness. Maheśvarānanda writes :

The Supreme Lord’s unique state of emotivity (asādhāraṇabhāva) is the outpouring of pure Being (mahāsattā). It is manifest as the brilliance (sphurattā) of the universe which, if we ponder deeply, [is realized to be] the single flavour (ekarasa) of the essence of Beauty which is the vibration of the bliss of one’s own nature.

In this way Weg
chemin
caminho
way
camino
all things are in reality one although divided from the one another sharing as they do the ‘single flavour’ (ekarasa) of the pure vibration of consciousness.


Voir en ligne : THE DOCTRINE OF VIBRATION