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Saint-Martin : le temps et l’espace

vendredi 30 mars 2018

honnêteté
honestidade
honesty
honneur
honra
honradez
honor
honour
retitude
retidão

L’homme Mensch
homme
être humain
ser humano
human being
homem
hombre
the man
anthropos
hommes
humanité
humanity
état humain
estado humano
human state
, en s’unissant par une suite de la corruption de sa volonté voluntas
volonté
vontade
voluntad
volition
the will
icchā
aux choses mixtes de la région apparente et relative, s’est assujetti à l’action action
praxis
agir
atuar
ação
act
acción
prattein
des différents principes qui la constituent, et à celle des différents agents préposés pour les soutenir, et pour présider à la défense de leur loi : et ces choses mixtes ne produisant par leur assemblage skandha
khandas
agrégat
amas
agregado
composto
assemblage
que des phénomènes temporels, lents et successifs, il en résulte que le temps Zeit
le temps
o tempo
the time
el tiempo
chronos
kala
est le principal instrument des souffrances de l’homme, et le puissant obstacle qui le tient éloigné de son Principe Principe
arche
arkhê
princípio
Princípio
Principio
Principle
 ; le temps est le venin qui le ronge, tandis que c’était lui qui devait purifier et dissoudre le temps ; le temps enfin, ou la région qui sert de prison à l’homme, est semblable à l’eau eau
água
water
hydro
dont le pouvoir possibilité
potentialité
Toute-Possibilité
pouvoir
poder
power
est de tout dissoudre, d’altérer plus ou moins vite la forme forme
eidos
eîdos
aspecto
perfil
aspect
de tous les corps Körper
corpo
corps
cuerpo
body
Deha
, et dans laquelle on ne peut plonger l’or sans qu’il n’y soit privé du dix-neuvième de son poids ; phénomène phénomène
fenômeno
phenomenon
phainomenon
qui, selon des calculs intègres, représente au naturel notre véritable dégradation.

En effet le temps n’est que l’intervalle entre deux dualité
dyade
duality
dualidad
dualidade
dois
two
deux
actions : ce n’est qu’une contraction, qu’une suspension dans les facultés d’un être. Aussi, chaque année, chaque mois, chaque semaine, chaque jour, chaque heure, chaque moment, le principe supérieur ôte et rend les puissances aux êtres, et c’est cette alternative qui forme le temps. Je puis ajouter, en passant, que l’étendue éprouve également cette alternative, qu’elle est soumise aux mêmes progressions que le temps : ce qui fait que le temps et l’espace Raum
Räumlichkeit
räumlich
espace
espacialité
espaço
espacialidade
espacial
espacio
espacialidad
space
spaciality
spatial
sont proportionnels.

Enfin, considérons le temps comme l’espace contenu entre deux lignes formant un angle. Plus les êtres sont éloignés du sommet de l’angle, plus ils sont obligés de subdiviser leur action, pour la compléter ou pour parcourir l’espace d’une ligne à l’autre ; au contraire, plus ils sont rapprochés de ce sommet, plus leur action se simplifie : jugeons par là quelle doit être la simplicité simplicité
simplicidade
spimplicidad
simplicity
simple
simples
d’action dans l’Etre Principe qui est lui-même le sommet de l’angle. Cet Etre n’ayant à parcourir que l’unité Einheit
unité
unidade
unidad
unity
de sa propre essence essence
ousía
ousia
essência
essentia
esencia
essence
pour atteindre la plénitude de tous ses actes et de toutes ses puissances, le temps est absolument nul pour lui.

Au contraire, tout le poids du temps se fait sentir à celui qui, étant né pour l’unité d’action, est placé à l’extrémité des deux lignes. Voilà pourquoi, de tous les êtres sensibles, l’homme est celui qui s’ennuie le plus ; car étant celui dont l’action naturelle est aujourd’hui la plus distante de celle de son principe ; étant le seul être dont l’action soit étrangère à cette région terrestre, cette action est perpétuellement suspendue et divisée en lui.


Voir en ligne : LE PHILOSOPHE INCONNU