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Jean Klein : la mémoire

mardi 17 avril 2018

honnêteté
honestidade
honesty
honneur
honra
honradez
honor
honour
retitude
retidão

Il me semble qu’il y a une pensée denken
pensar
penser
think
pensamento
pensée
pensamiento
thinking
mémoire mnemosyne
memória
mémoire
memory
et une pensée spontanée ?

La pensée intentionnelle utilise le déjà connu, la mémoire. La pensée spontanée surgit de la toute-possibilité possibilité
potentialité
Toute-Possibilité
pouvoir
poder
power
.

Comment les deux dualité
dyade
duality
dualidad
dualidade
dois
two
deux
mémoires, la pensée intentionnelle qui provoque les conflits et leur défense et la mémoire que l’on pourrait dire cosmique peuvent-elles coexister ?

Un mental esprit
espírito
spirit
mente
mind
manas
mental
encombré par un déjà connu est fermé, résiste au courant provenant de l’infini Unendlichkeit
unendlich
Infinito
Infini
Infinite
Infinité
. À un moment donné, la structure Struktur
structure
estrutura
struktural
structural
estrutural
d’une mémoire fabriquée par le moi ego
egoísmo
egoism
egoisme
le moi
le mien
« Je »
pour sa conservation perd sa charge affective et se réintègre dans l’ultime équilibre dont elle faisait partie.

La mémoire est-elle exclusivement localisée dans notre cérébralité ?

Le siège de la mémoire n’est pas exclusivement dans le cerveau, il s’étend à tout le corps Körper
corpo
corps
cuerpo
body
Deha
. La pensée intentionnelle est élabor travail
travaux
tâche
labeur
trabalho
labor
trabajo
tarefa
task
ée par le désir désir
epithymia
epithymía
épithymétikon
épithymia
concupiscence
convoitise
. Le corps a son propre savoir Wissen
saber
savoir
, mais est le plus souvent paralysé par une suractivité intellectuelle.

Le savoir et le non-savoir sont une pensée, le véritable savoir est vécu, vide vide
vazio
void
vacuité
emptyness
empty
śūnyatā
shunyata
shûnya
shunya
śūnya
VOIR néant
de pensée.

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est exactement la mémoire ?

Pour comprendre verstehen
entendre
comprendre
entender
compreender
comprender
understand
l’existence Existenz
existence
exister
existentia
existência
existencia
bios
de la mémoire, nous devons admettre qu’il y a un témoin spéctateur
espectador
spectator
témoin
testemunha
witness
qui enregistre nos activités, afin que nous puissions nous les rappeler. C’est un arrière-plan, un continuum qui prend note de la discontinuité pensée/action action
praxis
agir
atuar
ação
act
acción
prattein
et ce témoin est inhérent au Soi Selbst
soi-même
Soi
si mesmo
Self
si mismo
A non-personal, all-inclusive awareness.
. Nous pouvons ainsi voir ce qu’est la mémoire. Témoigner est une fonction Funktion
fonction
função
function
función
, un acte acte
puissance
energeia
dynamis
, et un acte est changement anicca
impermanence
impermanência
changement
mudança
change
altération
alteração
modification
modificação
. Cette activité Yin
Yang
passivité
activité
passif
actif
n’est pas celle du mental, celui-ci ne peut en avoir posséder
avoir
possuir
ter
possess
posuir
qu’une à la fois. La pensée se déroule au fur et à mesure ; de même, la pensée « je » apparaît elle aussi dans le temps Zeit
le temps
o tempo
the time
el tiempo
chronos
kala
, avant et après l’acte, mais pas au moment de l’action. Le fait de mémoriser ne peut être celui de la conscience Gewissen
conscience
consciência
conciencia
consciencia
Bewusstsein
Bewußtsein
consciencidade
consciousness
conscient
purusârtha
samvid
bodha
cit
chit
, car cette dernière n’exerce pas de fonction ; elle est toujours là, dans la présence Anwesenheit
présence
parousia
presença
presence
parusía
ou l’absence de la pensée, et rien n’est en dehors d’elle ; tout apparaît en elle, y compris la mémoire, sans qu’elle en soit affectée. Nous pouvons donc dire que la mémoire n’est qu’une idée idea
idée
ideia
idea
ιδεα
idéa
qui nous a traversé l’esprit à l’instant même : le présent, le passé, le futur se situent « maintenant ».

La pensée latérale implique une succession dans le temps, elle est discursive, analytique et se base strictement sur le déjà connu. Elle anticipe un but. Par contre, la pensée verticale, si l’on peut encore employer ce terme, est le résultat d’une constatation. Ce sont les éléments constatés qui se synthétisent en une globalité simultanée, comme un éclair, avant leur intégration dans la lucidité. Ils sont, pourrait-on dire, aimantés par la grâce.


Voir en ligne : JEAN KLEIN

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