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Raniero Gnoli : Abhinavagupta - Essence du Tantra

vendredi 20 avril 2018

honnêteté
honestidade
honesty
honneur
honra
honradez
honor
honour
retitude
retidão

Français

"La nature nature
physis
phusis
phúsis
natura
natureza
naturaleza
de l’idée idea
idée
ideia
idea
ιδεα
idéa
" cela "- dit Abhinavagupta Abhinavagupta
Abhinava
AG
Abh
Abhinavagupta (950-1020), maître du shivaïsme du Cachemire, aussi maître en yoga, tantra, poétique, dramaturgie.
ne consiste pas dans la conscience Gewissen
conscience
consciência
conciencia
consciencia
Bewusstsein
Bewußtsein
consciencidade
consciousness
conscient
purusârtha
samvid
bodha
cit
chit
d’un état complètement libre de chaque limitation Endlichkeit
finitude
finitude
finitud
finite
limit
limite
limitação
limitación
limitation
du temps, ni dans l’expérience expérience
aisthesis
experiência
sensação
impressão
impression
impresión
sensación
sensation
sentience
vāsanā
d’un état complètement différent. Cette idée se pose quand une chose, après avoir posséder
avoir
possuir
ter
possess
posuir
été manifesté en soi Selbst
soi-même
Soi
si mesmo
Self
si mismo
A non-personal, all-inclusive awareness.
, en union déification
theosis
deificação
deificación
union
união
unión
avec un espace Raum
Räumlichkeit
räumlich
espace
espacialité
espaço
espacialidade
espacial
espacio
espacialidad
space
spaciality
spatial
donné, un temps donné et un sujet sujet
objet
sujeito
objeto
subject
object
Subjekt
Objekt
connaissant donné qui ne sont plus ceux d’aujourd’hui, au moment de la perception Wahrnehmung 
Vernehmen
perception
percepção
percepción
directe, au lieu Ort
lieu
lugar
location
locus
place
de se dissoudre plus tard dans l’intimité, il reste couvert par une couverture de l’obscurité, dans un état, comme on dit, d’une impression latente : et que l’on enlève cette couverture qui la couvrait, de sorte qu’elle brille comme avant, comme si elle était encore en elle-même, tournée vers le sujet. Mais, il peut être objecté parce qu’elle ne brille pas alors, sous la forme forme
eidos
eîdos
aspecto
perfil
aspect
de ’cela, comme avant’, mais c’est impossible, nous répondons ! Cette lumière Licht
lumière
luz
light
phos
prakāśa
prakasha
, en fait, brille en association avec le corps Körper
corpo
corps
cuerpo
body
Deha
etc. que le sujet avait pendant la manifestation Offenbarkeit
manifestação
manifestation
manifestación
Bekundungsschichten
d’alors, sans que cela implique, une [28] élimination de la conscience du temps de (liée à) la manifestation présente. La conscience d’un temps passé est, en d’autres termes, indissociable de celle du temps présent, qui le forme, pour ainsi dire, en soutien. L’expérience « cela » est donc justement dite constituée par deux dualité
dyade
duality
dualidad
dualidade
dois
two
deux
consciences opposées, celle du premier et celle du maintenant. » [1]

La lumière persiste donc dans le passé et la pensée denken
pensar
penser
think
pensamento
pensée
pensamiento
thinking
dans le présent : c’est-à-dire, pour ainsi dire, tous orientés vers l’objectivité subjectivité
objectivité
subjetividade
objetividade
subjectividad
objectividad
subjectivity
objectivity
Subjektivität
Objektivität
et tout cela introverti. À ce stade, cependant, une objection sérieuse est présentée. Si, en effet, la lumière et la pensée sont associées à deux temps différents et appartiennent l’une au passé et l’autre au présent, elles ne seraient rien de plus que rien, puisqu’elles sont, comme nous l’avons dit, constituées l’un L'Un
hen
hén
Uno
the One
de l’autre. Très bonne observation Untersuchen
rechercher
recherche
investigar
investigação
investigación
investigation
anvīksikī
anviksiki
anvesanā
observation
examen
- répond Abhinavagupta - mais cela ne tient pas compte d’une chose, à savoir Wissen
saber
savoir
le fait que ces deux moments dans la mémoire mnemosyne
memória
mémoire
memory
concrète et, par extension, dans chacune de nos représentations sont ressentis comme une unité Einheit
unité
unidade
unidad
unity
. Cette unité est le sujet même, le soi, qui se réalise précisément dans cette dichotomie - dichotomie réelle parce qu’elle représente son propre corps - de sujet et d’objet, présent et passé. L’élément garantissant ainsi toute notre expérience aussi bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
que la mémoire est, en d’autres termes, la liberté Freiheit
liberté
liberdade
freedom
liberdad
eleutheria
svātantrya
Atiguna
même du moi, qui s’exprime dans l’unification unicité
unicidade
unicity
unicidad
wahdat
philia
amizade
favor
propiciação
favorecimento
unification
unificação
unificación
de ce qui est différencié et dans la différenciation de l’unité. La lumière et la pensée sont en fait deux faces différentes de la même réalité Bestand
Grundbestand
Realität 
réalité
realité fondamentale
réalité subsistante
real
réel
realidad
realidade
reality
et, de la même manière que la pensée contient un élément de perception, sans laquelle elle ne serait que nom inepte, de sorte que la lumière est toujours, quoique d’une manière reconnaissable, réfléchie, et cette réflexion est précisément ce qui lui donne vie Leben
vie
vida
life
zoe
et la distingue de l’inertie de la matière matière
matéria
matter
ύλη
hyle
material
matériel
materialidade
matérialité
materiality
materialidad
. La lumière et la pensée, c’est-à-dire la conscience, l’ego ego
egoísmo
egoism
egoisme
le moi
le mien
« Je »
qui dans ces deux aspects avant nous est phénoménalisé, embrasse toute la réalité. Les choses que nous voyons autour de nous, et avec elles nos propres mouvements intérieurs, ne sont pas, disons les scivaiti, sinon les images, des manifestations libres de la force du moi qui, à travers elles, s’exprime et s’affirme.

Original

"La natura dell’idea ‘quello’ — dice Abhinavagupta non consiste né nella consapevolezza di uno stato completamente libero di ogni limitazione di tempo, né nell’esperienza di uno stato completamente differenzia to. Quest quête
busca
demanda
search
quest
idea sorge infatti quando una cosa, dopo di essersi manifestata come a sé stante, in unione con un dato spazio, un dato tempo ed un dato soggetto conoscente che non sono più quelli di adesso, nel tempo della percezione diretta, invece di dissolversi dopo nell’iità, resta coperta come da una coltre di tenebre, in stato, come si dice, di impressione latente : e che uno toglie via questa coltre che la copriva, per cui essa risplende come prima, come, cioè, se fosse ancora a sé stante, esteriore al soggetto. Ma — ci può essere obiettato perché non risplende allora, in forma di ‘questo , come prima ? Ma è impossibile, noi rispondiamo ! Questa luce, infatti, brilla in associazione col corpo eccetera che aveva il soggetto durante la manifestazione di allora, senza che questo implichi, s’intende, una eliminazione della consapevolezza del tempo (connesso colla) manifestazione presente. La consapevolezza di un tempo passato è, in altre parole Wort
mot
palavra
palabra
word
Worte
rema
parole
mot
mots
vāk
vāc
, indivisibile da quella del tempo presente, che di essa forma qui, per cosi dire, il sostegno. L’esperienza ‘quello’ è dunque giustamente detta essere costituita da due opposte consapevolezze, quella di prima e quella di adesso." [2]

La luce, dunque, insiste nel tempo passato e il pensiero nel presente : quella è, per cosi dire, tutta rivolta verso l’oggettività e questo tutto introverso. A questo punto le point
ponto
punto
center
centro
si presenta tuttavia un’obiezione grave. Se, in effetto, la luce ed il pensiero sono associati a due tempi diversi ed appartengono l’una al passato e l’altro al presente, essi non sarebbero più che un nulla, in quanto che sono, come si è detto, costituiti l’uno dell’altro. Osservazione giustissima — risponde Abhinavagupta — ma che non tiene conto di una cosa, vale a dire del fatto che questi due momenti nella memoria concreta e, per estensione, in ogni nostra rappresentazione sono sentiti come un’unità. Quest’unità è il soggetto stesso, l’io, che si realizza come io appunto in questa dicotomia — dicotomia reale perché rappresenta il suo stesso corpo — di soggetto e di oggetto, di presente e di passato. L’elemento garante cosi di ogni nostra esperienza come della memoria è, in altre parole, la libertà stessa dell’io, che si esprime nell’unificazione di ciò che è differenziato e nella differenziazione dell’unità. La luce ed il pensiero sono insomma due facce diverse di una medesima realtà e, allo stesso modo che il pensiero contiene un elemento percettivo, senza di cui non sarebbe che nome inane, cosi la luce è sempre, sia pure in modo talvolta non ravvisabile, riflessa, e questa riflessione è appunto ciò che le dà vita e la distingue dall’inerzia della materia. La luce ed il pensiero, ossia la coscienza, l’io che in tali due aspetti davanti a noi si fenomenizza, abbraccia la realtà tutta quanta. Le cose che vediamo intorno a noi, e con esse Sein
Seyn
l’être
estre
o ser
seer
the being
be-ing
el ser
esse
sattva
sattā
i nostri stessi moti interiori, altro non sono, dicono gli scivaiti, se non immagini, libere manifestazioni della forza dell’io, che attraverso di esse si esprime ed afferma. (p. 28-30)


Voir en ligne : ABHINAVAGUPTA - ESSENZA DEI TANTRA


[1LV, I, iv, pp. 118-119

[2LV, i, iv, pp. 118-119

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