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Torella : la conscience

jeudi 21 juin 2018

honnêteté
honestidade
honesty
honneur
honra
honradez
honor
honour
retitude
retidão

Français

S’il y avait une réelle différence de nature nature
physis
phusis
phúsis
natura
natureza
naturaleza
entre la conscience Gewissen
conscience
consciência
conciencia
consciencia
Bewusstsein
Bewußtsein
consciencidade
consciousness
conscient
purusârtha
samvid
bodha
cit
chit
et les choses, le phénomène phénomène
fenômeno
phenomenon
phainomenon
de la connaissance connaissance
gnosis
intuition intellectuelle
gnôsis
connaître
conhecer
gnose
knowledge
know
conocer
conocimiento
conhecimento
jñāna
jnāna
jnana
serait impossible, parce que les choses, qu’elles aient ou non une forme forme
eidos
eîdos
aspecto
perfil
aspect
concrète (les atomes), ne peuvent devenir l’objet sujet
objet
sujeito
objeto
subject
object
Subjekt
Objekt
de la conscience (IV.30). Aucune relation Beziehung
Bezug
Verhältnis
Weiter-reden 
relation
relação
relación
rapport
entre les choses elles-mêmes ne serait possible, si elles ne partageaient pas un même principe Principe
arche
arkhê
princípio
Princípio
Principio
Principle
(V. 1) ; ce principe est précisément la conscience, qui existe également en toutes choses (V. 12). « Être » est, en réalité Bestand
Grundbestand
Realität 
réalité
realité fondamentale
réalité subsistante
real
réel
realidad
realidade
reality
, uni à la manifestation Offenbarkeit
manifestação
manifestation
manifestación
Bekundungsschichten
de la conscience (cidvyaktiyogitā, voir IV.29 et IV.7ab). Ainsi tout est omniprésent, incorporel et doté de volonté voluntas
volonté
vontade
voluntad
volition
the will
icchā
, comme la conscience (V.4). Si les choses peuvent être efficaces, c’est parce qu’elles « veulent » une action action
praxis
agir
atuar
ação
act
acción
prattein
particulière qui leur est propre (V. 16,37). Et s’ils le veulent, ils doivent aussi le connaître, en d’autres termes être conscients - d’abord et avant tout, d’eux-mêmes. Tout est dans toutes les conditions [1] Se connaissant eux-mêmes (V. 105ab). Et ce soi-même Selbst
soi-même
Soi
si mesmo
Self
si mismo
A non-personal, all-inclusive awareness.
, continue Somānanda dans un crescendo visionnaire, est le même que le mien ego
egoísmo
egoism
egoisme
le moi
le mien
« Je »
, comme celui d’autres sujets : « Le pot sait par moi-même. Je sais par son soi ; je sais par le soi de Sadāśiva, Sadāśiva sait par moi-même ... » (V. 106 ab AB
Aitareya Brāhmana
Aitareya Brahmana
Rigveda Brahmanas : The Aitareya and Kausitaki Brāhmanas of the Rigveda, cd. A. B. Keith, Cambridge, Mass., 1920 (HOS XXV).
) Toutes choses ont l’essence essence
ousía
ousia
essência
essentia
esencia
essence
de tous les autres, parce que chaque chose a la forme-nature de toutes choses. avec la variété des formes, j’ai la nature du vase, le vase a la miennne, en se connaissant par les choses différentes, Śiva Shiva
Śiva
le Seigneur
réside de manière autonome, étant constitué par la manifestation de la conscience et différencié dans les diverses différenciations (V. 109). Une fois qu’il a été établi que tout a la nature de Śiva, la question Frage
fragen
question
questão
questionner
questionar
pergunta
perguntar
pregunta
preguntar
de l’unité Einheit
unité
unidade
unidad
unity
et de la multiplicité de l’univers Univers
Universo
Universe
devient inutile, de même que la question de sa réalité-vérité aletheia
alêtheia
veritas
vérité
truth
verdad
verdade
Wahrheit
, même en ce qui concerne la soi-disant cognition intellection
intelecção
intelección
cognição
cognición
cognition
mentation
« erronée » il n’y a pas de fausseté réelle (mithyātva), parce que même aux yeux d’un opposé, elle a, de toute façon, une sorte d’efficacité (IV, 18-20). Bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
que le monde Welt
Weltlichkeit
monde
mondanéité
mundo
mundidade
mundanidade
worldliness
mundanidad
Olam hazé
dṛśyam
de l’expérience expérience
aisthesis
experiência
sensação
impressão
impression
impresión
sensación
sensation
sentience
vāsanā
ordinaire (vyavahāra) soit irréel, la réponse est que le Seigneur est aussi manifeste dans l’irréalité [2] (III.77). Mais quelle est alors la nature des choses manifestées, qui d’une part sont limitées et, d’autre part, jouissent d’un état d’expansion, s’unissant à la pacification suprême de Śiva (V.6) ? Comme tout ce qui existe, ce sont des états dans lesquels Śiva se manifeste librement (IV.47). Il est vrai qu’ils ont du pouvoir possibilité
potentialité
Toute-Possibilité
pouvoir
poder
power
, ils sont śakta, mais, comme le montre aussi l’expérience quotidienne, avoir posséder
avoir
possuir
ter
possess
posuir
du pouvoir ou pouvoir faire quelque chose ne signifie pas être indépendant [3]. S’ils sont śaktis, Śiva est le possesseur de ces śaktis, bien qu’étant inséparable d’eux ; il est le seul vrai śakta d’une manière aussi infinie que ses pouvoirs (IV.4-5). Si ce sont des états (avasthā bhāva), il est leur substratum [4].

Original

If there were a real diffence in nature between consciousness and things, the phenomenon of knowledge would be impossible, because things, whether they have a concrete form or not (atoms), cannot become the object of consciousness (IV.30). No relation between things themselves would be possible, if they did not share one and the same principle (V. 1) ; this principle is precisely consciousness, which exists equally in all things (V. 12). ‘Being Seiende
Seiendes
Seienden
l'étant
étants
ente
entes
sendo
beings
being
’ is, actually, being united with the manifestation of consciousness (cidvyaktiyogitā ; cf. IV.29 ; IV.7ab). Thus everything is pervasive, incorporeal and endowed with will, like consciousness (V.4). If things can be efficient, it is because they ‘want’ one particular action that is peculiar to them (V. 16,37). And if they want it, they must also know it, in other words be conscious - first and foremost, of themselves. All things are in all conditions [5] knowing their own self (V. 105ab). And that self, continues Somānanda in a visionary crescendo, is the same as mine, as that of other subjects : “The jar knows by my own self. I know by its self ; I know by the self of Sadāśiva, Sadāśiva knows by my self ..." (V. 106 ab). All things have the essence of all others, because every thing has the form-nature of all things. Everything is in everything, with the various configuration of forms. I have the nature of the jar, the jar has mine. In knowing himself through the different things, Śiva resides autonomously, being constituted by the manifestation of consciousness and differentiated in the manifold differentiations (V. 107cd-109). Once it has been established that everything has the nature of Śiva, the question of the unity and multiplicity Vielfalt
Mannigfaltigkeit
multiplicité
multiplicidade
multiplicidad
multiple
múltiplo
multiplicity
dez mil
ten thousand
dix mille
of the universe becomes pointless, and so does the question of its reality-truth ; even as regards the so-called ‘erroneous’ cognition there is no real falsity (mithyātva), because even in the eyes of the opponent it has, anyhow, some kind of efficiency (IV. 18-20). Though the world of ordinary experience (vyavahāra) is said to be unreal, the reply is that the Lord is also manifest in unreality [6] (III.77). But what is then the nature of manifested things, which on the one L'Un
hen
hén
Uno
the One
hand are limited and, on the other, enjoy a state of expansion, being united with the supreme pacification of Śiva (V.6) ? Like everything that exists, they are states in which Śiva freely manifests himself (IV.47). It is true that they have power, they are śakta, but, as everyday experience also shows, having power, or being able to do something, does not mean being independent [7]. If they are śaktis, Śiva is the possessor of these śaktis, though being inseparable from them ; he is the only real śakta in ways as infinite Unendlichkeit
unendlich
Infinito
Infini
Infinite
Infinité
as his powers (IV.4-5). If they are states (avasthā. bhāva), he is their substratum [8].


Voir en ligne : THE ĪŚVARAPRATYABHIJÑĀKĀRIKĀ OF UTPALADEVA WITH THE AUTHOR’S VRTTI


[1Le sujet ne peut pas être insensible même en ce qui concerne le simple « étant » ou « position » (V. 14).

[2Et aussi dans la douleur (V.9).

[3Si les choses étaient en elles-mêmes totalement indépendantes, l’unification (anusamdhāna) de leurs cognitions serait impossible (Śivadṛṣṭi vṛtti p.147).

[4Cf. (punition sur la racine bhū-) IV.51ab tasmād svayaṃ svabhāvena bhāvair bhāvī bhaved bhavah.

[5The subject cannot be insentient even with regard to the mere ‘being’ or ‘standing’ (V. 14).

[6And also in pain (V.9).

[7If things were in themselves totally independent, the unification (anusamdhāna) of their cognitions would be impossible (Śivadṛṣṭi vṛtti p. 147).

[8Cf. (punning on the root bhū-) IV.51ab tasmād svayaṃ svabhāvena bhāvair bhāvī bhaved bhavah.

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